16 septembre 2008
Dernier message avant le retour!!
Ouagadougou, le 16 septembre 2007
Bonjour!!
Eh oui!! Dernier bulletin loindelillois avant le retour au bercail... Fin de la belle aventure. Un Moment étrange... Des sentiments partagés. Contents de revoir tous nos proches qui nous manquent, contents de se poser pour avoir un chez soi, se sentir chez soi. Mais d'un autre coté, on est tristes de quitter cette Afrique qui nous plait tant, de mettre fin à 10 mois et demie de découvertes, d'émerveillement, d'apprentissage sur le monde et surtout sur nous mêmes. Qu'avons nous appris, retenus?? Une multitude de choses qui se bousculent dans nos têtes. Difficile de le retranscrire maintenant. Il sera temps de faire le bilan une fois revenus et réhabitués à la vie de notre civilisation occidentale; une fois qu'on sera de retour dans cette France qui nous paraît si petite, dans not' pays de ch'tis et flamands...
Mais avant tout ça, nous avons pu profiter de quelques jours d'ambiance africaine typique, chez nos amis les griots (musiciens traditionnels)de Nouna, un « gros village » au nord ouest du pays, près du Mali. Ce séjour fut bref, comme notre séjour ici, mais il est toujours bon de « recharger les batteries » (comme dit un certain Bénédictus, l'Afro-Lillois) en compagnie de Pascal, Fankélé, et les autres. Des amis qu'on a pu rencontrer il y plusieurs années, au cours de nos précédents séjours, grâce à Bertrand qui était prof dans un établissement de la ville. D'autres nordistes d'ailleurs on fait le voyage et connaissent Nouna... Les griots ne vous ont pas oublié, vous les toubabs qui êtes passés ici!! Ils vous saluent bien!!
Depuis Koudougou, on a donc mis 2 jours pour faire les 200km trajet, suite a des problèmes techniques de la compagnie de bus. On a donc passé une journée à la gare de bus en vain. La mécanique du vieux bus « Canada aurevoir » ne voulait pas démarrer. Tant pis pour nous!! C'est un des apprentissages du voyage en Afrique, et surtout au Faso : la patience!! Surtout en cette saison des pluies, les pistes défoncées mettent la mecanique à rude épreuve!! Donc les pannes, les retards se multiplient. Le lendemain, nous sommes plus chanceux, et on tombe sur un minibus flambant neuf, enfin pas pour longtemps car la route de Nouna n'est pas goudronnée! Il nous faut bien 5h pour faire les 200km. Entre les ralentissements, les bosses, les arrêts divers, les discutailles du chauffeur etc... On est donc heureux d'arriver à destination, la colonne vertébrale compressée!!
Que dire de ces quelques jours à Nouna? Du plaisir à revoir ce coin de bout du monde où la civilisation arrive tout doucement, de le découvrir sous la verdure de cette saison des pluies. De ces balades à vélo dans les ruelles de maisons en terre, de cette grande ferme, peuplées de cochons, de poules, de bœufs, de chèvres, de moutons, d'ânes... Ces ruelles où les enfants nous saluent avec tant d'énergie (« toubab, toubab »), pleines de boue ou même inondées, qui rendent les balades épiques surtout le soir, sans éclairage publique, à la lueur de la « SONABEL (l'EDF burkinabé) sans fil » (c'est à dire la lune).
De bons moments de retrouvailles, avec Moussa le tailleur, Ousmane le laitier Peul, Pascal, Fankélé, les griots... Le plus souvent avec ces derniers, autour d'une calebasse de dolo (la bière de mil), la boisson locale, dans les « cabarets », auberges à ciel ouvert en banco (terre). On a pu aussi déguster le « tô » ou pate de maïs avec la sauce au feuilles de baobab, chez Fankélé, le « Jimi Hendrix » du balafon (le xylophone africain). Elise a mis la main à la pâte en participant à la préparation avec Djénéba, la femme de Fankélé, pendant que Julien allait visiter la nouvelle maison de notre ami, malheureusement dans un quartier inondé, financée grâce au recettes d'un CD des griots que certains d'entre vous connaissent!
On est allés saluer Gustave, un ami de Bertrand, prof en collège publique. Toujours aussi accueillant et souriant ce Gustave! Autour d'un plat, il nous a parlé de ses conditions de travail, de ses classes de 6ème à 120 élèves, et de ses activités au sein d'Akwaba parrainage. Cette ONG française récolte des fonds pour parrainer des enfants indigents, le plus souvent orphelins. Le parrainage permet à ces enfants de payer les frais de scolarité, le matériel et l'uniforme scolaire. Si vous voulez participer et parrainer un enfant, il vous suffit d'envoyer un mail à Akwaba-parrainage France située à Pantin : akwaba.parrainage@yahoo.fr et dire que vous souhaitez aider les enfants pris en charge par Gustave Yigo et son association "Lawili" à Nouna.
De retour à la civilisation, on en profite pour s'envoyer un dernier poisson braisé avec le Bertche, avec de l'attiéké made in Cote d'Ivoire... Mais tout cela a une fin. Ce soir on s'envole pour aller là haut. Aterrissage demain matin à Sarkoland.. Et cela pour... un certain temps...
Les nouvelles en direct pour très bientot!
bises à tous!
07 septembre 2008
Adansé !
Koudougou, Burkina-Faso, le 7/09/2008
Salut à tous!
Comment ça va? Et la famille? et les affaires?? On ne le dira pas assez, se saluer c'est primordial, et ici en afrique c'est incontournable sous peine de se faire rejeter!! Parmi les clichés que les gens ici ont de l'Europe, est "là-bas, ya pas bonjour!". On essaie de dire que c'est pas tout a fait aussi caricatural, mais on est forcés aussi d'admirer le sens de l'accueil ici, dans le bonjour comme le au revoir ici (même si ce n'est pas toujours par sincérité, mais plutot par habitude sociale). Les salutations sont longues, répétées, et on raccompagne toujours l'étranger qui quitte la maison, au moins jusqu'au bout de la rue. On se doit de prendre le temps pour celui qui vient rendre visite, sous peine d'avoir mauvaise réputation (la crainte de tout africain est de se faire exclure de la communauté). Pas de "désolé je suis occupé, speed, pas d'humeur etc...". Ce qui des fois porte atteinte à la sacro sainte liberté individuelle occidentale!!
Les nouvelles de notre côté? Eh bien ça va, ça va tres bien même, heureux de profiter de ces derniers jours sur le continent. Heureux de sentir ce soleil chaud, cette terre rouge ocre à l'odeur si caractéristique... Enchantés de découvrir le pays pour la première fois dans la verdure, en pleine saison des pluies, alors que Burkina rimait avant dans notre esprit avec sécheresse. Le temps est plus humide que lors de nos deux précédents voyages, les moustiques, de ce fait, plus nombreux!!
On est bien arrivés à Koudougou (3ème ville du Burkina), chez Bertrand, alias Bertche, l'Africo-flamand. Ce fils de Bray-Dunes qui a trouvé son bonheur ici depuis plusieurs années, loin du froid et de la mer aussi. On sait pas ce qui lui manque le plus... à part Brigitte et toute la famille restée la haut. Il va bien et vous salue! Ca fait maintenant depuis fin 2002, avec quelques intermittences, qu'il est ici. Après des années passées en brousse à Nouna à enseigner la technique, il est de retour dans la civilisation, ici à Koudougou en tant que patron!! Eh oui, on change de niveau de vie, de standing!! Donc ici, il dirige le centre de tri de friperie "Toum Song Taaba" (ça veut dire "travailler pour s'entraider", en Moré, la langue du coin), un projet du Relai (emmaus) et d'une ONG burkinabé, l'OCADES, qui emploie une centaine de personnes, avec salaires corrects (pour l'économie locale) et couverture sociale (et autres avantages).
Donc certains de vos vêtements, donnés au Relai en France ont peut être atterri pour être triés et conditionnés ici à Koudougou et être dispatchés sur les marchés du pays. Bien sur, il y a débat sur la finalité de l'activité des friperies... Faire de l'argent avec des vêtements donnés...Mais le but n'est pas de faire du fric pour payer des dividendes mais de favoriser le développement en créant de l'emploi. Les bénéfices de l'activité sont réinjectés pour soutenir des projets de développement (par une activité économique et non par l'assistanat). Par ailleurs, on dit aussi que la fripe tue l'activité cotonnière locale. A voir... Question de niveau de vie. Le tissage traditionnel coute cher. Donc les burkinabés se tournent vers la fripe pour se vêtir. Surtout que l'on peut trouver des trucs pas mal du tout, pas que des tee-shirts troués!!
Sinon on a eu l'occasion de se balader dans Koudougou, de se perdre dans son beau marché tout neuf. On a pu aussi aller sur eul' capitale, Ouagadougou à 1h30 de route, pour passer la soirée et aller voir les "étalons". Ce ne sont pas des animaux, mais bien l'équipe nationale de football du Burkina qui recevait la Tunisie en match qualificatif pour la coupe du monde et la Coupe d'Afrique des Nations 2010. Elise est une fana de foot (pour ceux qui ne savent pas). Donc on a tous accepté de l'accompagner. Un match peu décevant sur le plan de l'action, mais seul le résultat compte, 0-0 avec une qualification en vue pour les Etalons... Et de toute façon, le spectacle était dans les tribunes!!
Bertrand nous a emmené faire un tour dans le quartier de Ouaga 2000, une ville nouvelle en periphérie de la capitale, voulue par le président dictateur Blaise Compaoré. Un ensemble indécent de baraques énormes, de palaces, de monuments gigantesques et de routes à 4 voies magnifiquement goudronnées alors que peu empruntées. Au bout de cet ensemble à vomir se trouve le nouveau palais du président, énorme, situé en pleine brousse, avec un jardin immense. On est révoltés devant tant de richesses accumiulées sur le dos d'un des pays les plus pauvres de la planete (dans les 5 derniers)...
L'apres midi fur passée au village de Réo, chez Blandine et Rigobert, des amis. A déguster du succulent porc cuit au four (la spécialité locale) et à se protéger de la chaleur sous les manguiers. La fraicheur de la fin de journée nous a quand même permis d'aller découvrir un ensemble de maisons traditionelles Gourounsi (l'ethnie qui habite la région)
Voili pour ces quelques jours ici. Demain, direction la brousse, chez nos amis de Nouna, à 190 km de piste d'ici vers le Mali. Pascal et les griots, que certains d'entre vous connaissent par le CD de musique que Bertche a produit et vendu en France pour les aider. Donc une semaine d'immersion dans la culture africaine authentique, après au moins 6h de bus. On ne sait pas comment la saison des pluies a abimée la piste. Enfin ça va aller... Bassité (ya pas de problème!!)!
Donc le blog restera calme pendant cette période. On sera quand même joignable par le portable (pour ceux qui ont le numéro!!). Eh oui, la civilisation arrive à grand pas, même ici...
Pour ceux qui veulent se repérer dans l'espace et voir où on en est, voici une carte de l'Afrique de l'ouest, et les repères bleus sont nos points de passage...
à bientot (on est à J-10 !!)






























































