Abidjan, le 30 aout 2008

    Salut!! Comment ça va? et la famille? Et les gombos (les affaires)? Ça glisse?

    Vous n'avez pas eu de nouvelles depuis un moment, et pour cause, Elise est restée malade, clouée au lit pendant une semaine avec une belle fièvre. Rien de bien grave, mais quand même de quoi inquiéter la famille, et les amis de là haut à la maison. La peur des maladies tropicales et tous les clichés sur la santé en Afrique!! Si vous aviez vu la belle clinique où nous sommes allés consulter!! Et comme par hasard, la miss se sentait mieux dans les mains du beau docteur!!

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     Mais bon, alors que Julien a été nombres de fois malade, il fallait bien que ça lui arrive un jour et c'est venu ici, dans sa famille africaine... Aujourd'hui elle va mieux. « Dieu merci », grace aux prières de tout le monde, aux remèdes traditionnels concoctés... (et aussi aux antibiotiques!)

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     Dans le même temps, la maison a été plongée dans la douleur et la tristesse depuis le décès il y a 10 jours de tantie Yvonne, une dame qui habitait ici depuis des années et que les toubabs de passage ont bien connue (Babette, Patricia, Max et Teddy, Fanny etc...). Elle est partie brusquement, dans la discrétion qui était la sienne, sans vouloir se plaindre, ni nous alarmer de son état de santé. Elle décèdera le lendemain de son hospitalisation. Nous tenons à rendre hommage à Yvonne, à son sourire et sa gentillesse... Qui s'est toujours pliée en quatre pour s'occuper de nous, nous faire de bons petits plats, alors qu'elle souffrait d'une maladie chronique...

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  (Yvonne est à gauche)

    Depuis, la maison est en deuil. Les membres de la famille, des amis se succèdent pour venir présenter leurs condoléances et prendre des nouvelles. Toujours selon le même rituel bien codifié par les traditions des Baoulés (l'ethnie de la famille). Ca commence par des pleurs et des lamentations des femmes puis on s'asseoit en cercle pour discuter et s'enquérir des circonstances du décès. Ce soir, on organise la veillée funéraire. Et d'après ce qu'on nous a décrit, à part les prières (la famille est catholique) ça ressemble peu à nos traditions!! Percussions et danses, palabres au programme tous ensemble pour célébrer la défunte, et ce jusqu'à l'aube!! Comme dirait le chanteur Billy Billy (cf le message précédent), « chez nous funérailles, on dirait anniversaire!! ». On va voir ça de nos propres yeux...

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    C'est loin d'être le seul décès que nous avons appris ici. Régulièrement, nos amis nous apprennent le décès d'un parent ou d'un ami plus ou moins éloigné à des âges qui nous choquent, 40, 50 ans. La mort fait partie du quotidien. Depuis la guerre, et la crise qui l'accompagne, les conditions sanitaires du pays se sont aggravées, l'espérance de vie a reculé... Et on est toujours surpris de la capacité des africains à supporter tous ces deuils. La religion y est pour quelque chose (« c'est la volonté de Dieu ou d'Allah »), mais au delà de cela, il y a quelque chose de difficilement descriptible, dans la mentalité locale... Résignation? Non, ou peut être parfois... Mais on a l'impression surtout une capacité à vivre dans le présent, dans la joie et la bonne humeur (en apparence), sans regretter ni se plaindre. « On se plaint pas » nous dit souvent notre ami Constant, malgré ses difficultés à trouver du boulot.

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    Lui qui est à un Bac plus 5 doit se contenter d'être commercial, patissier et livreur de la patisserie de nos amis (cf messages précédents) pour être indépendant et s'assumer. C'est le lot de nombres jeunes diplomés ici. L'état, le systeme éducatif sont en panne et pire, gravement rongés par la corruption et le népotisme; le secteur privé dans une moindre mesure. Donc difficile de trouver du boulot si on a pas payé pour être reçu à un concours administratif (celui de la police est un des pire au niveau corruption) ou si on a pas un ami, un parent pour trouver une place. Malgré tout « ça va aller », on garde le sourire!! Enfin sauf sur les photos où il convient d'être sérieux!! Encore un paradoxe! Chez les toubabs, on se force à sourire pour que la photo soit belle, alors qu'ici on sourit tout le temps sauf quand on pose!!

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    Notre séjour a Abidjan a donc été rallongé par la convalescence de la demoiselle. On a quand même pu aller quelques jours respirer la fraicheur et le bon air de la mer à Assinie, sur la côte vers la frontière du Ghana, au sud-est. Un lieu rendu célèbre par la chanson du reggae man Alpha Blondy « Assinie Mafia ». Difficle de vous retranscrire les paroles de la chanson... « On comprend pas Djoula ». Mais Assinie a toujours été un lieu de contrebande d'or et de diamants en provenance du Ghana, d'où l 'appellation d'un des hameaux « Assinie Mafia ».

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     Sinon, la plupart des français connaissent Assinie sans le savoir, puisque ce haut lieu du tourisme recèle plusieurs hotels de luxe donc un Club Med qui, fermé depuis 2002, tombe un peu en ruines. Et bin, c'est ici que Jean-Claude Dusse et la bande des Bronzés sont venus tourner leur premier film!! « Biip Biip » et tout ça c'était ici!! Effectivement, la plage est belle, magnifiquement bordée de cocotiers, mais le complexe hotelier vide donne un aspect un peu bizarre au site. Les touristes ont déserté la Côte d'Ivoire depuis la crise, et ça se sent. Certes, certains bidasses viennent de temps en temps en weekend, mais il n'y a pas de quoi remplacer les 300 emplois que fournissait le Club, aux ivoiriens et aux nombreux immigrés qui habitent le village de belles petites maisons en tresse de palmier. On a eu l'occasion de discuter avec ces anciens G.O. Ivoiriens, burkinabé... Dont Jean-Claude (eh oui!!) qui regrette amèrement cette foutue guerre et la malhonnèteté des politiciens qui l'ont déclenchée.

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    La malade a poursuivi sa convalescence, se permettant des balades sur cette belle plage, malgré le climat doux, voire franchement « braydunois » avec ciel gris entre coupé de belles éclaircies quand même, et brise de mer rafraichissante. Elle a aussi passé des heures à observer les pêcheurs partir et rentrer au petit matin avec leurs fières pirogues, affrontant cette mer agitée.. Et fraiche aussi (19°C à vue de nez de nordiste)!!

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     C'est bien la peine d'être aussi près de l'Equateur, me direz-vous!! Mais c'est la saison des pluies, et de plus, la fraicheur de l'eau empêche la formation de tempêtes tropicales, comme Gustav, qui ravage actuellement les caraïbes!! Donc c'est pas plus mal!

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    Voili! Nous sommes donc rentrés à la maison, pour ces derniers jours ici à profiter de nos amis, de l'ambiance locale, des soirées, de la nourriture qui nous plait tant (Ah le poisson braisé accompagné d'attiéké, les fruits, le foutou banane...!!), et des balades dans cette si grande ville.

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(la cathédrale St Paul d'Abidjan)

       Mercredi on rejoint la ville de Koudougou au Burkina Faso et notre ami Bertrand alias « Bertche », l'africo-flamand qui va bientôt devenir totalement burkinabé!! Deux petites semaines au fin fond de l'afrique et on rentre au bercail, c'est promis!!

Bécots

à très bientôt!