Abidjan, le 11 aout 2008

Bonjou'! On dit quoi?

   Akwaaba! Bienvenue à Abidjan, capitale cosmopolite de la Côte d'Ivoire, où tout le pays et aussi toute l'Afrique de l'ouest se sont donnés rendez-vous. Donc pour se comprendre, on utilise le français, mais pas le français de Paris, mais le français d'ici, avec l'accent d'ici, les expression voire des empruns aux langues du pays (dioula, baoulé...). Plus facile à comprendre que le wolof biensur, mais des fois on est un peu paumés!! Les gens ici n'ont plus trop l'habitude de voir des blancs, depuis les événements de novembre 2004 et l'évacuation d'urgence des européens. Donc notre accent (« choco choco » comme on dit) les étonne et certaines vendeuses s'amusent à nous répondre par des « bonjourrrrr » et « merrrci »!

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     Pour vous permettre de visualiser le truc, on vous plante le décor : une végétation tropicale luxuriante, des arbres (et bananiers, bambous, palmiers, cocotiers, papayers etc...), de la verdure de partout; un climat assez doux (25°) et humide, car la saison des pluies ramène beaucoup de nuages; une lagune qui dessine des presqu'iles et des iles, séparant la ville en différentes communes avec au total pas loin de 8 millions d'habitants : Le Plateau (centre d'affaires), Treichville, Marcory, Koumassi et Port Bouet au sud; Cocody et Riviera à l'est (quartiers chics), Adjamé et Abobo au nord, et Yopougon, au nord-ouest, notre maison, notre point de chute. Le quartier de Yopougon est connu des fans de bande dessinée depuis la sortie de la série « Aya de Yopougon » (Ed. Gallimard), qui met en scène la vie d'une jeune fille d'ici dans les années 70. On vous la recommande chaudement.

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    Ca fait déjà une semaine qu'on est ici, . Le temps pour nous de retrouver la famille, les amis. On a été accueillis à bras ouverts par la famille de Mme Autié, « grand maman » (qui est partie voir ses enfants en Europe). C'est ici qu' Elise et Babette ont passé 18 mois, il y a quelques années, à manger des pamplemousses dans le superbe jardin et aussi (!!) travailler pour l'ONG le Mouvement du Nid d'Abidjan, en faveur des personnes prostituées.

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     Depuis, les liens avec cette famille sont restés et c'est toujours une joie de retrouver tout le monde ici, les tanties et les filles. Les amis du quartier eux aussi sont là. Et les activités de chacun progressent. On sent, avec la fin de cette guerre, une envie d'aller de l'avant. Le pays repart, l'économie se remet petit à petit. Salomon a obtenu un poste d'instituteur ici sur Treichville, Mamadou a toujours un bon poste dans son entreprise, les activités de Saïd l'entrepreneur sont florissantes. D'ailleurs la famille de ce dernier c'est agrandie, avec la naissance du petit Ramadan, qui à 10 mois est un gros bébé fort énergique qui fait ses premiers pas tout seul!!

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     Certains de nos amis ont monté une patisserie depuis plusieurs années avec livraisons à domicile pour mariage, pour des clients assez fortunés. Les commandes se font de plus en plus nombreuses et la petite entreprise se développe et emploie 7 personnes, tout ça depuis le domicile l'un d'entre eux .

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    Nous avons donné un modeste coup de main. Et Julien s'est pris au jeu d'une journée de livraisons avec Constant, Yao et Anissé, pour en tout et pour tout 5 mariages!! Jamais vu autant de mariés en un seul jour! Les aller-retour entre Yopougon et les autres quartiers, dans la petite citroën de Yao, se sont multipliés à un rythme effréné, permettant de visiter la ville. Nous avons quand même eu droit à une coupe de champagne bien méritée. Eh oui, les mariages (chrétiens) se font à l'occidentale, bien loin de ce qu'on a pu voir à Dakar. Messe, vin d'honneur, repas et gros gâteau coupé en grandes pompes (musique de Vangélis en bonus).

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    Le plaisir était aussi à observer l'étonnement des convives devant la présence d'un livreur de gâteaux toubab (blanc). « Deh!! ça doit être patisserie de luxe là!! » devait-ils se dire!! De grands moments de rigolade, surtout avec Constant, tchatcheur et blagueur de haut niveau!

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         On a eu aussi le plaisir de se faire une journée à la plage à Grand-Bassam, à une vingtaine de Km d'Abidjan vers l'est. De superbes plages bondées, de cette ancienne ville coloniale, première capitale édifié par les français ici. Il n'en reste que quelques batiments coloniaux qui tombent plus ou moins en ruines. Les filles de la maison nous ont accompagnés pour cette journée ensoleillée au goût de vacances!!

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    D'ailleurs, on a croisé un style de touristes assez curieux, des casques bleus pakistanais en week end, en train de se rincer l'oeil devant ces africaines bien dénudées (selon les habitudes de chez eux!!). On a aussi pu croiser dans les embouteillages la fine fleur de notre armée bleu-blanc-rouge, revenant d'une sortie en bus, ne trouvant rien de mieux à faire qu'à brailler une marseillaise au goût de de pelforth et de Kro, le tout au milieu de la population locale!! On a l'impression qu'ils ont oublié les manifs anti-français d'il y a 4 ans, et le passé de la colonisation. On a s'est fait tout petits dans notre bus... Quelle honte!! Pour ceux que ça intéresse, voici un article du canard enchainé d'il y a quelques semaines au sujet des activités de notre belle armée ici depuis que la guerre est finie (article). Ils s'ennuient les pauvres petits dans leur énorme base de Port-Bouet, à deux pas du centre d'Abidjan. Et pourquoi pas la fermer cette base?? Ca veut dire quoi cette indépendance sous contrôle militaire français??!! Il y en a des tonnes à dire sur la françafrique et ses agissements ici. Pour ceux qui veulent en savoir plus, allez voir les ouvrages de François-Xavier Verschaeve ou encore l'ouvrage d'Aminata Traoré: « Lettre au président des français à propos de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique en général »...

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        Sinon que dire? On a retrouvé la bonne bouffe ivoirienne, peut être la plus diversifiée de l'afrique de l'ouest?? A base de bananes plantin, d'igname, de manioc, de multiples fruits et légumes (dont ceux du jardin de la maison, nous offrant des goyaves au petit dèj!! ou une délicieuse cabosse de cacao)... Un poisson braisé avec attiéké (semoule de manioc) nous a accueillis à la descente de l'avion... Quel délice!!

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On a retrouvé avec bonheur la gouaille et la bonne humeur des ivoiriens. Leur caractère enflammé et excité aussi. Leur esprit de fêtards surtout. Pas long à faire en sortant de la maison pour tomber sur un « maquis » (un bar-resto) avec sa sono qui crache ses décibels de couper-décaler et abreuve sa clientèle de Flag (« la » bière de l'afrique de l'ouest). C'est comme-ci la ville entière était un maquis géant, ouvert du lundi au dimanche!! Tous les jeunes ivoiriens sont dehors pour danser, boire et faire le show, « faroter, faire le faro-faro, ou la prodada » comme ondit. L'essentiel est de ne pas lésiner sur la dépense, quitte à déboucher des bouteilles de champagne pour les plus fortunés  (ou de jus de pommes à bulles, dans un seau à champ, c'est pareil!!)... De quoi filmer un clip pour la chanson « les Matuvus » de Bubex!!!

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    La guerre civile de ces dernières années n'a rien changé à cela, voire a amplifié le phénomène. Les maquis n'ont jamais été aussi nombreux. Et d'ailleurs c'est dans cette période qu'est né le couper-décaler, un style franchement répétitif, où l'essentiel n'est pas dans les textes ou la musique, mais dans le rythme. On préfère beaucoup plus les nombreux artistes de la scène du Zouglou, un style aux paroles souvent drôles et instructives, faites des réalités sociales de cette cité aux nombreux bidon-villes. La musique sera peut être l'objet du prochain message?? A voir, à suivre..

   ciao

Elise et Ju