Elise et Ju en baroude...

10 mois et demi, 3 continents, et une folle envie de découvertes et d'échanges... suivez les guides !

03 août 2008

Bye bye les Wolofs!!

Dakar, le 2/08/08
Salamaleikoum!!

Agrandir le plan    

    Nan nga def?? Quelles nouvelles?? Bienvenue à Dakar, bienvenue chez nous sur ce continent africain. Ce continent qui n'est pas de tout repos pour les petits blancs que nous sommes. Ici, le sublime cotoie le sordide, l'enthousiasme, la bonne humeur de cette population jeune énergique laisse parfois place à un sentiment de désespoir et d'impuissance...  Prêts pour le bain d'émotions??

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     Ca fait un bail que l'on ne vous a pas écrit, mais ce mois de juillet s'est enchainé à une vitesse folle!! On profite de ces derniers instants dans le pays pour vous donner des nouvelles. Demain midi, on sera à Abidjan!!

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   On a vécu nos derniers jours au service, avec de bons moments en équipe... Comme souvent, c'est lorsqu'on commence à avoir ses repères quelquepart que l'on doit partir!! On a eu droit à une belle cérémonie d'aurevoir, avec de beaux discours comme les sénégalais savent le faire, et remise de cadeaux. Une sacré dose d'émotion!!


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   Ensuite, les parents de Julien sont venus partager notre vie sénégalaise durant trois semaines. Ils en retournent à Bray-Dunes ravis, pleins d'images dans la tête : la vie en famille à Rufisque, chez Idrissa ou chez notre ami Mor.


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    Ils ont (sur)vécu à l'agitation de Dakar,

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adoré le calme magique du désert de Lompoul,

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(au passage, un clin d'oeil à notre ami Fred Martin, l'artiste, qui va s'enfermer dans une prison à Rotterdam. allez voir son site, le lien est dans la colonne de droite )

dans le nord, ainsi que les magnifiques paysages de mangroves du delta du Siné Saloum et les villages de Joal et Fadiouth, posés sur des iles de coquillages,

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  ou les moments de flanerie dans l'ambiance coloniale désuette de St Louis...

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     L'Afrique les a chamboulés comme elle nous chamboule toujours... Du pire au meilleur... Une image qui résume assez bien nos impressions : celle des magnifiques boubous colorés de ces élégantes dames qui se promènent  parmi la boue et les égouts à ciel ouvert de Rufisque!!

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      On est songeur et un peu incrédules devant de tels soins pris pour se coiffer, se parfumer et se vêtir ici (ainsi que de nettoyer les maisons), alors que les rues ressemblent parfois presque à des décharges publiques!! On utilise moins de plastique que chez nous ici, mais il est visible!! Les femmes se cassent le dos pour balayer le sable de leur cour, alors qu'elles balancent leurs ordures ménagères non loin en face de leur maison!! Certes, un camion poubelle passe de temps en temps, mais ya du boulot!! Ah Africa!!! Tant de choses qui nous semblent tellement bizarres voires révoltantes (le problème des ordures n'est rien à côté de sujets politiques ou sociaux plus graves)!! Alors, on réfléchit, on se pose des questions...

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   C'est durant notre séjour à St Louis que l'on aura un début de réponse, en compagnie de Nico, un toubab installé depuis 7 ans ici, marié à une sénégalaise et père du petit Ali. Il est employé par l'ONG lilloise "le partenariat" comme coordonateur des actions de coopérations menées par la ville de Lille, et la région Nord-Pas-de-Calais ici (entre autres, Farid nous corrigera si on dit des bêtises). Car notre bonne vieille ville de Lille est jumelée avec St Louis, ex capitale du Sénégal colonial, et 1er comptoir français en Afrique (depuis la fin du 17ème)!! Et la statue de Faidherbe, lillois et gouverneur du Sénégal au 19eme trone toujours sur la place du même nom, dans le centre de la vieille ville... Mais bien sur, les sénégalais, dingues de foot, nous citent le plus souvent l'ex gardien du LOSC, Tony Sylva (sénégalais d'origine cap-verdienne) quand on leur parle de notre belle ville!!

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   Comme vous vous en doutez, Nico en connait pas mal sur les moeurs et la mentalité locale, ce qui nous a permis d'en apprendre plus, comme lors de nos discussions à Rufisque avec Mor ou Idrissa... La  pression du groupe sur l'individu, la place de l'islam et des conféries, le drame enfants des rues (on va vous proposer un texte là dessus pour ceux que ça intéresse), la corruption et le népotisme à tous les niveaux de la société (entreprises, fonction publique, jusqu'au président de la république!), le sens du devoir, l'hospitalité, la notion du temps qui passe (par exemple, pour les sénégalais, etre invité à un mariage 15 jours avant est considéré comme trop tôt!!), la valeur du travail (qui est vue comme une chance, un don d'allah que l'on doit faire profiter aux autres, en redistribuant son salaire, et non vu comme chez nous comme un mérite personnel, le fruit d'un dur labeur!!). Il y a aussi l'absence de conscience du bien commun, de la société qui peut expliquer parfois le manque de motivation de certains fonctionnaires et aussi la saleté ambiante. Ici c'est chancun pour son clan, sa famille, comme dans un réflexe de survie... Il y aurait de quoi remplir des lignes et des lignes sur ces différents thèmes, mais ce serait peut être dur à comprendre en dehors du contexte...

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    On a vécu nos derniers instants avec les amis de Pikine (une ville de la banlieue de Dakar), Abdoulaye alias "Aarpul" et sa bande, derniers instants avec nos voisins Fatoumata et Abdoulaye, nos amis Awa, Mor et sa famille, ainsi que Idrissa et la famille Ba. Moments d'aurevoir pas faciles, forts en émotions, qui nous font comprendre combien on s'est attachés à nos amis d'ici. Les superbes cadeaux nous permettrons de nous souvenir de tous ces instants... Mais on reviendra, c'est sur!!

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    Le voyage continue : cap au sud est, on se rapproche de l'équateur : Côte d'Ivoire; Abidjan et son quartier de Yopougon, la famille africaine d'Elise, les amis du quartier!!

à bientôt!!

Posté par bdboy59 à 05:46 - 08 Sénégal - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 juillet 2008

Sénégaaal !!!

Salamaleikoum!!

   Un petit cadeau aujourd'hui, Sarah et Momo, les enfants d'Idrissa qui vous interprètent l'hymne du sénégal!!

Posté par bdboy59 à 23:23 - 08 Sénégal - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juillet 2008

Une journée avec nous

Rufisque, Sénégal,

   Salamaleikoum!

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(coucher de baobab, du haut de not' toit)

    Bienvenus à Rufisque, banlieue de Dakar. Loin de la débacle des bleus en cet euro 2008, enfin pas si loin que ça car la compétition est fort suivie et les commentaires après le match contre l'Italie du genre « Notre entraineur est vraiment pas bon! » nous ont fait un effet tout drôle!! Enfin y'en aurait des tonnes à dire sur les sentiments qui unissent les sénégalais à la France...

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    Mais loin de là notre envie de parler de foot (même si Elise s'y passionne)!! C'est parti pour une journée en notre compagnie...

        6H45, le réveil sonne, trop tot comme d'habitude. La nuit a été courte, entre les longues et bruyantes veillées de chants religieux du voisinage, le remplissage de notre réserve d'eau (lorsqu'elle daigne arriver!) et le reveil du muezzin....Hier soir, nous étions au ciné à Dakar, au CCF (centre culturel Français) situé dans une superbe batisse coloniale dotée d'une cour bien agréable. Bizarre de voir un drapeau tricolore flotter ici! Dans ce lieu, il est possible d'assister à des concerts, des expos, manger un brin de cuisine hexagonale pour tarir les larmes de mal du pays... Le film a « duré un peu » comme on dit. Le temps de discuter le prix avec le taximan et de s'en retourner jusqu'à notre ville "de brousse" , comme disent les Dakarois qui aiment moquer les gens de Rufisque. Un bon 45min de trajet quand la voie et libre, 2h aux heures de pointes.

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        7h30, après une douche au seau, on enfile nos vêtements en tissu local, faits sur mesure par notre tailleur de Rufisque. Heureusement pour le tit déj, pas besoin d'aller loin, une charmante dame tient une petite cahute qui fait office de dépôt de pain juste devant notre appart. Elle doit connaître une vingtaine de mots de français et nous, autant en wolof. Tous les matin, le même rituel : « Salamaleikoum! Nan nga def? Naka sou bégui? une baguette s'il vous plait! ». La baguette, au ptit déj, c'est un des nombreux restes de la colonisation. D'ailleurs, Dakar possède des boulangeries-patisseries n'ayant rien à envier à l'hexagone. On retrouve ici le bon goût du croissant et du pain au chocolat plongé dans le café au lait, quand on se lève tot (départ à 5h30) pour aller passer une journée à la capitale... Un autre truc que les sénégaulois ont gardé des hexagonaux : le chauvinisme!! Ah qu'ils sont fiers! Et le Sénégal ceci, et la Téranga cela! Au dela de la frontière ce sont les « gnac », (qu'on peut traduire par barbares ou sauvages) c'est à dire  les autres africains... Il est vrai qu'ils ont de quoi être fiers : le pays est un des plus stables d'afrique et la démocratie marche (plus ou moins) bien... Enfin quand on repense à l'élection de « deubeuliou » à la maison blanche en 2000, on se dit que la démocratie sénégalaise s'en sort pas trop mal finalement...

    Ce matin, on récupère la baguette soigneusement emballée dans un morceau de journal aux écritures arabes (les journaux du maghreb finissent leur vie en emballage de l'autre coté du sahara!) . Il y a aussi des beignets et le fameux « café Touba » (du nom de la ville sainte de la confrérie musulmane des Mourides). Un café sucré mélangé avec le fruit d'une plante du désert, le Jaar. On est assez fan, ça a un petit goût épicé qui rappelle le gingembre. Et bien sur, ça a des vertus tonifiantes (notammant pour les messieux! suivez mon regard). Partout dans les rues, des vendeurs se baladent avec leur marmite de café et un réservoir de braises pour le maintenir au chaud. Les sénégalais ne se privent pas de vous en offrir quelque soit l'heure de la journée.

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    Le sable de la rue est déjà chaud, et le soleil, levé depuis une heure est déjà bien haut. Des éperviers tournoient dans le ciel... Ca nous change des croassements des corbeaux indiens... Il doit faire 25°C. Les températures montent depuis notre arrivée. Les apres-midi elles grimpent non loin de 35°C . Et ce n'est pas sans conséquence sur le rythme de travail!! Toutefois, certains jours sont ventés, et le ciel semble alors voilé par un nuage de poussière et de sable. La première pluie de l'année est tombée il y a quelques jours seulement : une drache (comme on dit à Beurgues) de grosses gouttes, d'une fraicheur fort agréable.  Le feuillage des arbres, notamment les nombreux baobabs, fait son apparition, et bientôt l'herbe repoussera après des mois de sécheresse. Malheureusement, l'eau s'accumule aussi dans certains coins mal drainés; ce qui provoque d'énormes flaques mêlées à la poussière et aux ordures : un bouillon par vraiment apétissant... Bien qu'un camion poubelle passe dans le quartier, l'éducation au ramassage et au tri des ordures a encore à progresser!! L'écologie, un soucis de blancs-bourgeois??

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    Le tit déj nous permet également de savourer les mangues de saison délicieuses, sucrées à souhait! On raffole aussi du corossol, un fruit vert hérissé de pics à la chair fibreuse blanche acidulée...

 

    A trop s'attarder sur ces fabuleux petits dej... on est en retard, comme souvent. 10 minutes à pied pour rejoindre le domicile d'Idrissa. Il nous attend (« tu as eu du mal à te lever?? », la question rituelle...) pour rejoindre grâce à sa fringante R19, le Centre Hospitalier National Psychiatrique de Thiaroye, situé non loin de Rufisque, sur la route de Dakar.

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    La circulation est dense. Voitures de tous les ages mais surtout bus, minibus (les fameux « Ndiaga Ndiaye » blancs et les superbes « cars rapides » renault peints et décorés en bleu et jaune) et camions (dont des Berliet sans âge) qui accélèrent dans des nuages de fumées hallucinants. On prend notre ration de carbone et de poussière!! On ne roule pas trop vite, mais avec un sens des priorités qui ne doit pas figurer dans le code de la route sénégalais!! C'est le « code science » où l'art de deviner et d'anticiper la conduite de l'autre. En cas de problèmes, on klaxonne, on s'énerve, on peste, chacun étant persuadé que l'autre ne sait pas conduire!! On finit par s'engueuler puis dans la seconde l'engueulade tourne à l'éclat de rire général, sans que les petits blancs ne comprennent grand chose aux échanges en wolof. Idrissa me dira que les tensions sociales se régulent par l'hypocrisie, l'art de l'arrangement (la négociation à la sénégalaise) et l'humour... Pourquoi pas?? C'est plus plaisant en tout cas!!

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    Arrivés à destination, on prend le temps de saluer le personnel de l'établissement sur la route du service de pédopsy. Du gardien, aux médecins en passant par les personnels infirmiers, administratifs ainsi que Omar, un patient dit « chronique » qui occupe une case dans la cour de l'hopital. Il lave les voitures du personnel pour subsiter ou parfait son éducation religieuse pour passer le temps. Il observe les mouvements dans l'hopital et connait tout le monde. « Vous êtes en retard, Monsieur l'ami du Professeur Ba », dira-t-il un jour!! On arrive au service de pédopsy. De nombreuses familles sont déjà présentes à attendre leur tour. Certaines ont fait un voyage de plusieurs heures, partant dans la nuit, depuis Kaolack, ou Thies. D'autres sont venus depuis l'autre bout du pays, des Peuls du Fouta (dans le nord est, près de la mauritanie), des Séreer de la petite côte... Ils viennent à l'occasion du rendez-vous passer quelques jours dans la « famille » (le mot n'a pas le même sens que chez nous) qui s'est installée sur le cap-vert. Plus du tiers du pays vit ici, tout le monde a donc des proches installés dans les environs de la capitale.

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    On salue le personnel de ce petit service naissant. L'infirmière chef, Mme Seck, fidèle au poste, Marthe, l'infirmière-secrétaire, Mme Diagne, l'assistante sociale et Souleymane, l'interne. Et puis rapidement les consultations commencent. J' (Julien) accompagne Idrissa ou Souleymane dans cette matinée d'une dizaine de consultations qui finit le plus souvent vers 13h-14h. Bien de choses difficiles à saisir pour le petit interne blanc. D'abord la langue, car la majorité des consult se fait en wolof, voire des fois en une autre langue (peul, séreer etc...) qu'un accompagnant du patient traduit en wolof pour les médecins. Le tout étant retraduit en français pour moi!! En plus de cela difficile de saisir les implications sociales de telle ou telle conduite, tel ou tel symptome « psychologique ». La notion de normalité et de pathologique n'est pas la même ici, donc il faut s'adapter!! S'adapter aussi aux pratiques de mes confrères, car celles-ci dépendent aussi des moyens du système de soins et aussi des moyens des patients eux mêmes. Moyens humains, financiers (pas de sécu pour la plupart de ces gens qui paient 2500 CFA la consult c'est à dire 4 euros). Enfin, pas mal de patients viennent pour des problèmes qui concerneraient les neuro-pédiatres chez nous (encephalopathies, épilepsie, voire paludisme parfois...). Ca nécessite beaucoup d'énergie pour suivre et par moments je suis un peu paumé même si tout cela est fort intéressant !


    Elise poursuit progressivement les prises de contacts avec les ONG et organismes qui oeuvrent en faveur de l'enfance. L'objectif est d'étoffer le carnet d'adresses de l'assistante sociale du service et  favoriser ainsi le travail en réseau.. Par ce biais, il a entre autres été possible de rencontrer Anna et les petits princes. Anna dirige une école maternelle qui accueille une 60aine d'enfants dans un esprit d'ouverture, de partage et de non discrimination. Elle se bat depuis de longues années pour le principe de l'école inclusive: pour l'accueil d'enfants de tout horizon, de tout milieu et surtout porteurs ou non de handicap. L'experience est tres riche et permet d'inculquer de grands enseignements et valeurs, qui dépassent d'ailleurs l'univers de l'enfant.

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    C'est ainsi que nous avons préparé la kermesse de fin d'année. 3 journées bien chargées et très sympas entre les conférences et la tenue de stands. Les deux toubabs tenaient avec succès le stand « pêche bouteille »!!!

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    D'autres rencontres sont très interessantes, notamment avec les ONG qui aident les enfants de la rue. Dakar et son agglomération comptent une multitude de mendiants, souvent très jeunes. Ils sont pour la plupart « talibés » (fidèles), confiés par leur famille à un marabout assurant leur éducation religieuse. Toutefois des dérives ont lieu et ces enfants, parfois à peine agés de 4 ans sont dans des situations très préoccupantes et souvent en danger. Dans certains cas, l'éducation religieuse se limite à pas grand chose et ils passent leur temps à mendier au bénéfice de leur marabout, avec des obligations de résultat quant aux sommes à ramener. D'autres dérives du type maltraitance physique, viols de la part des « religieux » nous sont rapportés. Mais difficile de lutter contre, dans ce pays où les confréries de marabouts (les mourides, les tidianes et autres...) ont tellement de poids, et où n'importe qui peut s'improviser marabout...

    Enfin, des projets naissent au sein du service d'Idrissa, grâce à l'arrivée d'Awa, une éducatrice bénévole sénégalaise. Ensemble nous mettons doucement en place un accueil de  jour, pour les enfants accompagnés par les pédopsychiatres. La concrétisation n'est pas simple. Le service est petit, jeune et ses locaux toujours en projet de construction.. Idrissa est entouré d'une équipe qu'on lui a « donnée » et qui ne semble pas très motivée ni adaptée à la philosophie et aux objectifs d'un service de pédopsychiatrie. Toutefois, Idrissa est très motivé et ne manque pas d'idées. Le service se construit, la persévérence et la patience sont de rigeur!! Ca ira, Inch'Allah!

    En général, après un bon tiéboudienne, le plat national (ça veut dire « riz et poisson »), on reprend pour quelques heures soit l'accueil de jour pour les enfants pour l'une, soit des recherches bibliographiques pour l'autre. Et on repart par la même route. En saluant un maximum de monde... Se saluer est primordial. Ne pas s'en rendre compte peut froisser les sénégalais. Comment va la famille? Les enfants? Le travail? La journée? On répond par l'affirmative, ça va, « Djamm rekk » (il y a la paix), quelque soit la réalité. L'honnêteté n'est pas de mise. C'est un rituel social, et non une démarche individuelle. Il sera bien temps plus tard de raconter ses malheurs si la conversation se prolonge.

          Cette petite routine quotidienne a pu être cassée récemment par un air parisien: petite Alice, venue nous saluer. Une vraie globe trotteuse comme on les aime, qui nous apporte sa fraicheur et sa tête en l'air!!! Avec Elise, les grandes amies de voyage se sont retrouvée pour flaner, papoter, faire la sièste et des bétises (perte de cles, de carte bleue.. ). Les 3 jours avec Alice, le temps de son escale air France ont été courts mais charmants...

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    Des soirées musicales, que ce soit au « Just 4 you », un café concert réputé de la capitale, ou au CCF pour la fête de Jack (le 21 juin). L'occasion de démontrer que ce pays regorge de musiciens talentueux...

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    Une escapade dans le nord de la presqu'ile du cap vert nous a permis de visiter le village des artistes. Un lieu assez curieux. Une série de baraquements plein vent, sous le soleil, coincés entre une voie rapide et le grand stade Léopold Sédar Senghor (du nom de l'homme de lettres et premier président du pays). C'est un lieu de résidence, de travail et d'exposition de nombreux artistes sénégalais. C'est un art riche, expressif, engagé aussi... Un art fait d'histoire, de métissage, de matériaux de récup le plus souvent.

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    On a l'occasion d'en discuter avec Tita, qui nous accueille avec un grand sourire dans son atelier. Il nous raconte son parcours, notamment les expos qu'il a pu faire en europe (en belgique surtout) et à New York. Il nous explique les intentions de son oeuvre. Des tableaux  figurant des tirailleurs, dont une partie des bénéfices vont à la famille d'un grand oncle tirailleur qui n'a jamais rien perçu du gouvernement français.

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    D'autres oeuvres figurent des scènes d'histoire, comme les 4 vérités de Kocc, un sage du royaume du Jolof (au 16ème siecle)... Tita nous raconte  durant de longues minutes, cette longue fable, une histoire de trahison, qui met en lumière 4 proverbes Wolofs : « Aimes ta femme, mais ne lui fais jamais totalement confiance. » « Un fils adoptif n'est jamais un vrai fils »  « Un vieillard est toujours utile dans une communauté » « Un roi n'est pas un parent ».

    C'est un vrai passionné qui prend le temps de répondre à nos questions. Il se balade toujours avec un casque colonial sur la tête, vêtu d'une tunique en bogolan (tissu traditionnel malien), lorsqu'il pésente son art en europe. « C'est pour coloniser l'europe, à ma manière! L'afrique va coloniser l'Europe et les USA avec l'art. » C'est le retour de baton!! Plutot sympa non? Allez voir sur son blog : www.titambaye.com et www.titambaye.skyblog.com .

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    On poursuit ensuite vers N'gor, ses restos de poisson, sa plage et son Ile, envahie par une foule de jeunes sénégalais. Chaque WE, ils se retrouvent pour des baignades et balades entre potes.On se sent un nouvelle fois bien blancs au milieu de toutes ces couleurs!!

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    Au retour de l' escapade, on s'attarde dans le village de Ngor; village de pêcheurs lébous aux pirogues si colorées. Les Lébous sont l'ethnie originelle du cap Vert, et leurs villages se présentent avec de petites ruelles et des maisons collées les unes aux autres. Nous bénéficions de la compagnie d'un tchatcheur devant l'éternel: Baba. On a du mal à croire tout ce qu'il raconte, tant certains faits nous semblent farfelus voire inexacts!! Quel personnage!! Selon lui, France Gall qui posséderait une maison sur l'île de Ngor, a été guérie du cancer grâce au Baobab sacré du village (un superbe arbre, soit disant un des plus vieux d'afrique!!). D'autres personnalités comme le président Wade, Gérard Depardieu, Richard Borhinger viennent se recueillir et profiter de l'aura magique de cet arbre sacré!! Difficile de vous retranscrire tout ses dires, mais ses commentaires sur l'organisation du village, des coopératives de pêche ...nous ont donné une idée sur le mode de vie des lébous. Une organisation différente du reste de Dakar, avec des lois internes, traditionnelles encore en valeur, tel le tribunal, l'absence de police et de maire, remplacé par un chef spirituel...

 

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    Alice a eu aussi l'occasion de gouter à l'hospitalité sénégalaise et au bon tiéboudienne dominical de la famille Ba. Une occasion pour nous de rendre visite à nos amis et voisins, Idrissa et sa famille, ainsi que la maison en travaux.

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     Le deuxième étage de la maison est bientôt fini. On sera  là pour la crémaillère!! En effet, ici on agrandit sa maison au fur et à mesure, selon les besoins et les finances. On a l'impression que toutes les maisons sont en chantier, avec toutes les tiges d'acier qui dépassent des toits. En chantier, oui, mais peut être pas tout de suite!! « On a le temps, on verra bien demain... » (demain indique le plus souvent un futur plus ou moins proche!!)


à demain donc!!

ciao

Elise et Ju

Posté par bdboy59 à 01:28 - 08 Sénégal - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2008

Zuz et Micky au Sénégal!!!

10/06/08

bonjour a tous!

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Aujourd'hui nous souhaitons partager avec vous les lignes d'Erzulia et Mickael!!!
10 jours au Sénégal, 10 jours de partage, de rire et de bonheur!


Lundi 26 mai - 22h- aéroport de DAKAR

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Je (Erulia) ferme les yeux quelques instants pour me remémorer ces bons moments passés pendant mon séjour au Sénégal en compagnie de Julien, Elise et Micky: le plaisir de prendre son temps, le plaisir d'avoir du temps, le plaisir des échanges, le plaisir du partage, les sourires... bref des petites choses de la vie qui apportent bcp!
Alors que j'entrouve mes yeux lentement pour revenir doucement de mes pensées, je m'aperçois que Micky est bien concentré...

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Zuz: Ben (défaut de langage dû à mes origines ch'ti), qu'est ce que tu fais????
Micky: Je suis inspirée pour l'article d'Elise et Julien...
Z: Quoi? Tu te penches déjà dessus!  (A l'intérieur de moi-même, je lui tire un chapeau)
M: Oui, j'ai une superbe idée.
Z: Hum, c'est quoi?
M: On va écrire Un POEME!
Z: Quoi?????, sentant que mon âme de poête est bien enfoui au fond de moi.Tu as des idées?

Et là, Micky me lit ses premiers vers.... Je suis épatée!
Finalement, mes talents de poête ne sont apparus que pour quelques vers....
Merci Micky! Grâce à toi notre challenge, créer un article pour Elise et Julien, est atteint.
Voici donc le fruit de "notre" travail:

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Sénégal, terre d'Afrique
Tu nous apparaît,
Et de ta nuit magique,
Nous apercevons ton reflet.

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Nos illusions passées,
Tu nous accueilles à bras ouverts
Par tous les repas partagés
Que l'on nous a offerts!

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Amie Elise et Ami Julien,
Nous tendent leurs tendres mains
Pour accompagner notre chemin,
Du début jusqu'à la fin.

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La rencontre de tes peuplades
Ennivrantes de leurs histoirs mystiques
Fait de toi, Sénégal, un endroit magique,
Propice à notre belle escapade!

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De tes entrailles est née la Casamance
Terre fertile, et d'une beauté immense
Où ta nature infinie
Vit en parfaite harmonie

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Sénégal, terre d'afrique,
Tu as fait de nous les princes du batik
De nos doigts sont sorties des oeuvres magnifiques:
Lutte, personnages et petites criques

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Ta vie artistique, loin d'être fébrile
Parle de ton Afrique avec idyle
Pour bien nous imaginer
Tes difficultés et ta beauté

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Ta gorée, petite île marquée par son histoire
Nous a enchantée par son message d'espoir
Gorée, île de souvenir
De tes hommes martyrs...

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Tes nuits savent chanter!
Par leurs rythmes effrenés,
Tu nous as fait danser
Parmis la foule déchainée.

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Sénégal, Terre d'Afrique,
Tu nous laisses repartir,
Nos coeurs pleins de beaux souvenirs
Vers nos contrées antiques.

Mickael & Zuz

Posté par Lizon à 16:32 - 08 Sénégal - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2008

On est là!!

Rufisque, Sénégal, le 6/06/2008


Agrandir le plan

Salamaleikoum!!


        Comment ça va? Et la famille? Et les activités? Nous on « s'accroche » comme on dit ici. Petit à petit, on se fait à notre nouvelle vie de quartier, avec un rythme plus régulier (on a pas dit « routinier ») que durant ces 6 mois de voyage. Et c'est pas sans nous déplaire! Notre « studio » (d'au moins 80 m2  avec plusieurs pièces) se transforme tout doucement à notre image. Un peu de mobilier acheté ou prêté, des ustensiles divers et variés, le tout glanés sur le marché de Rufisque. Les vendeuses commencent à nous connaître. On est repéré dans le quartier, les gens se font petit à petit à notre présence, comme la vendeuse du dépôt de pain en face  chez nous... Ils nous taquinent aussi, car le sénégalais est moqueur, en testant notre compréhension du wolof. On balbutie quelques mots et le tout finit dans un éclat de rire général!

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(ce sont des oeuvres extraites de la biennale Dak'art qui se déroule en
ce moment. Il y a marqué "ADN" sur le drapeau tricolore...)

         Car au Sénégal il y a une forte unité linguistique, peut etre plus que dans d'autres pays que nous avons visité en afrique de l'ouest. Si à Abidjan, on utilise assez volontiers le français (à la sauce locale) pour se comprendre, ici toute la population parle la langue de l'ethnie la plus nombreuse (30% de la population): les wolofs. Certes, chaque ethnie garde sa langue d'origine, mais c'est le wolof qui est majoritairement utilisé, plus ou moins mélangé à des mots de français ou d'arabe parfois. Le melting pot dakarois et les mariages entre ethnies font que même les langues des autre ethnies sont moins parlées, dans un mouvement de « wolofisation » général.

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        Donc il nous est parfois difficile de suivre les conversations, même si 50% de la population parle français (ceux qui sont allés à « l'école française », en opposition avec l'école coranique, où l'on apprend à lire et écrire l'arabe). Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les ethnies du Sénégal, les wolofs, les lébous, les peuls, les toucouleur, les sérère... on a trouvé ce lien sur le net.

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        On a fait la connaissance d'un jeune du quartier, Mor, qui aime bien se faire appeler « vivant » par ses amis nantais. Car Mor se fait un devoir d'accueillir comme il se doit les toubabs qui passent à Rufisque, et comme notre ville est jumelée avec Nantes, il a cru que nous étions nous aussi de la Loire Atlantique! Grace à lui, on a eu l'occasion d'assister à un « Simb », une cérémonie traditionnelle wolof qui est devenue maintenant une fête de quartier pour divertir les nombreux gosses. Cette fête du « faux lion » est une sorte de cache cache collectif où les enfans doivent échapper à des jeunes hommes déguisés en lion et en panthère. Malheur à celui qui se fait prendre, il est battu (gentiment) et aspergé d'eau devant tout le monde, avec des danses au son des chants et des tam-tam. Pour avoir la vie sauve, il faut soit des bonnes jambes ou payer le ticket d'entrée, ce que nous avons fait.

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(on a pas pu prendre de photos, donc voici celles de Mr Ouèbe...)

         Malgré tout une panthère voyant de la chair fraiche toubab a voulu en profiter pour réclamer son dû (de l'argent)... Ce qui nous a passablement énervés, étant les seuls à avoir été sollicités ainsi. L'image du blanc-porte-monnaie-ambulant, est très répandue!! Sauf qu'étant blanc on a la capacité à « dire non comme des toubabs »!! En effet, et c'est une constante dans la culture africaine, s'il est tout à fait admis de demander de manière très directe (qui semblerait impolie chez nous),  il est mal poli de dire non, de refuser de donner. Il faut user de périphrases et de raisons plus ou moins bidon. En plus de cela, les gens sont hyper sensible au « qu 'en dira-t-on », et donc ont du mal à refuser. Dans ce cas, Mor arrangera l'affaire en promettant un don de sa poche, à notre grand étonnement. Les choses se règlent ainsi, à la locale, sans que l'on comprenne toujours ce qui se passe!

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        Certains se demanderont pourquoi ne pas donner à tout bout de champ? De toute façon, il ne s'agit que de petites sommes!! Eh oui, mais on ne vient pas en Afrique pour se donner bonne conscience, pour faire la charité. C'est ce qui permet à nos puissants occidentaux (politiques ou multinationales) de continuer à piller et dévaster ce continent. Les sacs de riz balancés, l'argent « prêté » (à des conditions ahurissantes du genre « seulement si tu achètes des produits de chez moi ») peuvent entretenir l'Afrique dans un statut dégradant de mendiant... Et donc à notre niveau, on sait qu'on ne pourra pas régler les problèmes de pauvreté du Sénégal à nous seuls, et donc on préfère consommer local, faire des dons à des ONG qui développent l'activité économique ou l'enseignement scolaire, et non balancer des centimes par-ci par là dans une position du blanc plein de fric conforme aux représentations mentales africaines. On pourrait le faire des dizaines de fois par jour...

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        Une position pas facile à tenir. Mais les africains qui ont un peu de réflexion là dessus sont tout à fait d'accord. Ils en ont marre qu'on les prenne pour des mendiants, et voudraient juste que l'occident arrête l'exploitation du continent et permettent à leurs pays de se développer. Ils en ont marre que des multinationales fassent ce qu'elles veulent, en graissant la pâte de dirigeants corrompus mais soutenus par nos « démocraties ». Marre que l'aide au développement ne développe pas grand chose, que l'économie soit basée sur l'exportation à bas prix de matières premières, pour en contre partie importer des produits manufacturés à prix élevé (on est étonnés du cout de la vie ici en comparaison avec l'Inde ou la Thailande!!). Il y a certes des causes africaines à ces maux, biensûr. Mais l'occident, comme au temps de la colonisation continue de diviser pour mieux régner, et la mondialisation a permis d'accentuer le phénomène... Fin de la parenthèse revendicative... On pourrait en écrire des lignes et des lignes (sur les présidents incompétents soutenus par la France, sur des injustices économiques comme le coton burkinabé qui est plus cher sur le marché mondial que le coton subventionné made in USA etc...)

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       Nous avons eu la visite de la « décath team » Zuz et Mike, pour une dizaine de jours. L'occasion pour Elise de partir découvrir la Casamance, cette région du sud du pays, enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau (une stupidité du découpage territorial colonial). Un voyage en ferry d'une nuit pour profiter pendant 6 jours des beaux paysages de verdure (le climat est plus humide dans cette région). On attend un texte de Zuz et Mike pour vous faire partager leur expérience Sénégalaise, et notamment des cours de batik avec Shérif, le philosophe guinéen...

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      Pendant ce temps là, Julien, resté sur Dakar a soigné son dos, sa solitude et son malheur en compagnie de Aarpul et de sa courée...

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       Au retour, on en a profité pour aller faire un tour du côté du lac rose, non loin de Rufisque, avec notre ami taximan Pape, alias « c'est pas grave ». Son expression favorite, pour dire oui, non, peut être etc... L'occasion de fous-rires.

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       L'eau salée du lac Rose permet la production de sel, recueillis dans des petites barques en bois. Pour alimenter en sel toute la sous-région ouest africaine.

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      Plus loin, on s'est même aventurés à pied sous le cagnard jusqu'à la plage voisine. C'est ici qu'autrefois les voitures et motos du Paris-Dakar finissaient leur course...

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      Maintenant, c'est d'ici comme d'ailleurs que partent les pirogues de jeunes sénégalais en rêve d'europe. Un voyage de 4 jours jusqu'en Espagne puis un bus jusqu'en France, qui  brule les dernières économies. Ca coute 600 000 FCFA, environ 900 euros, une fortune ici qui pourrait être investie pour créer de l'activité économique. Mais le rêve est trop fort. Le risque de mourir en mer (et c'est assez fréquent) ou d'être reconduits par la police, n'y fait rien. Comme nous le dira Ismaël, un jeune qui habite le quartier d'Idrissa. Il a fait le voyage est n'est resté que 15 jours en France, avant de revenir en sarko-charter. Il y a un ministère à Dakar du « tourisme et des sénégalais de l'extérieur ». On se demande bien ce qu'il fait pour arrêter ce drame humain et économique. Un gachis de vies et d'argent, qui alimente les mafia qui gèrent ce trafic humain. Et de l'autre coté, les barrières ne seront jamais assez hautes et les flics jamais assez nombreux pour arrêter le phénomène. Quand est-ce que nos dirigeants comprendront que le « problème » (s'il y a) de l'immigration se réglera par un réel développement de l'Afrique!!!


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       Nous avons eu aussi l'occasion de découvrir l'île de Gorée, en face de Dakar. Un après-midi agréable sur cette île superbe chargée d'une histoire sombre. Gorée fut colonisée par les portugais, les hollandais, puis les français, pour servir de centre de tri et d'expédition d'esclaves vers le nouveau monde. Les édifices colorés de l'île ont servi à de telles fins.

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       On peut en visiter une, la « maison des esclaves », laissée en l'état depuis le 17ème. Moment d'émotion et de recueillement. Moment de mobilisation et de réveil des consciences aussi (cf le paragraphe revendicatif du début), grâce à un guide qui n'avait pas sa langue dans sa poche... Le parallèle entre l'exploitation des esclaves à Gorée et l'exploitation actuelle de l'afrique n'est pas si choquant... Finalement, seule la « matière première » diffère. La manière (plus sournoise) aussi.

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       Le voyage, en bateau, du retour de Gorée fut un moment de grace, grace à une chorale de casamance qui nous a permis d'oublier les conditions de sécurité limites (bateau surchargé) et  l'attente de 2h dans le cagnard.

       En effet un groupe de blancs néerlandophones avait réservé le bac pour lui tout seul, leur permettant de gruger tout le monde. Avoir de l'argent ici permet tous les excès!!!


         La soirée fut l'occasion de gouter à la fiesta Dakaroise et de s'essayer à la danse qui accompagne : le m'balax (prononcer m'balakh). Vous en connaissez surement la star internationale  qui a fait connaître cette musique  : Youssou Ndour. L'enfant du pays (il est de Ouakam, une banlieue de Dakar) est incontournable. Il a fondé un groupe de presse « Futurs Médias », possédant journal (www.lobservateur.sn) et radio (Radio Futur Médias). Il a ouvert sa boite de nuit également... Pour vous rendre compte de notre difficulté à comprendre la musique (pleine de percussions) et la danse du Mbalax, l'ami Mike vous a trouvé une tite vidéo sur le net... Admirez le truc.

     Après tant de mouvement, on est revenus à notre train-train sénégalais. Des découvertes dans le milieu associatif pour l'une et psychiatrique pour l'autre. Un prochain message sera  l'occasion de vous parler de tout cela.

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Bécots les biloutes!!

Elise et Ju


NB: désolé pour nos fans du délai si long entre deux messages... mais on est occupés ici!! et le rythme de vie n'est plus le même. allez voir quand même les photos qu'on a mis dans le message précédent...

Posté par bdboy59 à 17:52 - 08 Sénégal - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2008

Salamaleikoum!

Dakar, le 15 mai 2008

Salamaleikoum!

Nanga def? Ana wa ker ga? Ana khalè yi? Ça va bien pour nous merci! La famille, les enfants... ça va bien!! C’est du wolof, la langue la plus parlée ici…

View Larger Map


Bienvenue au Sénégal! La terre de la « téranga », où l'hospitalité à la mode sénégalaise! Ca fait bientôt 2 semaines jours qu'on est là, à Rufisque, dans la banlieue de Dakar, chez notre ami et pédopsychiatre le Dr Idrissa Ba. Eh oui, le temps passe vite, depuis le dernier message. Certains se sont impatientés, notamment à Montréal, (hein Jean!), donc nous voici le premier message ! C’est parti pour trois mois!!

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Tout a commencé il y a plus d'un an, avec un projet de stage en pédopsy africain pour Julien et, grâce aux connections dunkerquoises (Idrissa est un ancien du service de pédopsy du littoral flamand), une rencontre par mails interposés. Depuis, le projet a grandi et muri et nous voici donc à Rufisque!!

On est arrivé tot un vendredi matin apres quasiment 48h de voyage, entre Mumbai, Paris et Dakar... pas trop frais vous pouvez l'imaginer!! Paris fut l'occasion de passer un premier mai fort agréable, avec retrouvailles de la fratrie des debruynettes, balades et discutailles enrtre amis dans l'ambiance familliale du parc des Buttes Chaumont endimanchées. Puis soirée chez Caro et Jimmy, nos maman et papa parisiens! Merci à tous de votre présence... Merci aux autres d'être avec nous par l'intermédiaire de ce blog!

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    Donc on disait... Arrivée à Dakar un peu dure... Mais les gars présents à l'aéroport nous mettent vite dans le bain... quels tchatcheurs!! Ils se débrouillent en anglais aussi!! On négocie, sans trop insister un taxi... Un gars monte à l'avant, à côté du chauffeur... Au bout d'un moment on le reconnaît, c'est celui qui voulait nous faire du change sauvage alors que nous étions bien en peine avec nos gros sacs!! Il insiste, nous sort tous les bons arguments. On a l'impression qu'il fait ça par pur philanthropie!! A y voir plus près, c'est loin d'être le cas! Les sénégalais sont bien ce qu'on imaginait de nos expériences antérieures: parmi les meilleurs commerçants du monde!!

    Nous découvrons sur la route, notre nouvel univers, celui de l'agglomération de Dakar et ses 5 millions d'habitants. Ce qui frappe, c'est le paysage désséché, jaune, la poussière, avec quelques plantes et arbres, dont les magestueux baobabs bien mastoc! Pas de pluie depuis des mois donc les feuilles sont tombées, en attendant « l'hivernage » ou saison des pluie qui commence en juin.

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    Les habitants s'agitent, les transports locaux se remplissent et repartent dans des nuages de fumée. Les véhicules sur la route sont de tous ages et toutes sortes. Du vieux bus Tata (les indiens sont là), à la mégane toute neuve en passant par une bonne vieille peugeot. Certains de ces bus, les camionettes mercedes blanches sont appellées « niag ndiaye » du nom du gars qui a eu l'idée d'utiliser ces robustes véhicules. Depuis nombreux sont ceux qui l'ont imité, et donc circulent de nombreux cars identiques, blanc. On a donc l'impression fausse qu'il s'agit d'une compagnie oranisée!! Une histoire de mode, rien de plus!!

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   Des animaux, chèvres, vaches, moutons, chevaux, se baladent. Le soleil matinal est déjà bien présent. Le vent du large ramène une fraicheur bien agréable. En effet, Dakar est au bout de la péninsule du cap vert, et donc profite de la fraicheur de l'océan atlantique (l'eau doit être à 18°C en ce moment). On sent tout de suite la différence quand le vent est absent en millieu de journée!!

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     Au bout de la route, déjà bien embouteillée, alors qu'il est très tôt, on retrouve Idrissa à l'entrée de Rufisque. Salutations amicales. On se connait que par internet interposé, pourtant on se salue comme si l'on s'était vu la veille. Salamaleikoum? Comment tu vas? Bien, bien merci... C'est un peu ça l'accueil, la chaleur et la simplicité sénégalaise! Que ça fait du bien d'être ici!

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     On découvre le quartier d'Idrissa et de sa famille. Son épouse, Diatou, et ses trois enfants : Mohammed, 7 ans, le fan de technologie et de jeux vidéo ; Sarah, 4 ans, une petite montée sur piles électriques, fort attachante et Céni, 6 mois, la petite dernière, un bébé bien énergique !!

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      On rencontre d’autres membres de la famille, nièces, neveux, oncles, parents, ainsi que des jeunes du quartier. Ce quartier résidentiel est en pleine construction, à la périphérie de Rufisque, une ville à 25 km de Dakar. Les maisons semblent sortir de nulle part, dans cette savane arborée, bien sèche, en cette saison. On est ici au calme, loin de l'agitation de Dakar. On en profite pour reprendre des forces. Ces premiers jours seront passés au lit... Le contre coup du décalage horaire et culturel...

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       On prend connaissance de notre nouvel environnement. Rufisque, et son marché, sa vieille ville coloniale. Les vieux bâtments nous rappellent que la ville fut l'un des premiers comptoirs français ici, avec St Louis, l'île de Gorée, et Dakar. L'une des 4 « communes » où les habitants avaient un statut avec une « certaine reconnaisance » de leur citoyenneté française. Au delà c'était la brousse et le reste de L'AOF (Afrique Occidentale Française), les « indigènes » exploités, réduits en esclavage... Ceux qui veulent en savoir plus, on vous conseille la lecture de « Terre d'ébène » d'Albert Londres, disponible en poche. Un récit de voyage de 1928, où l'on se rend compte que l'esclavage n'a jamais été abloli dans les colonies françaises d'afrique. La « machine à banane » (le terme effoyable de l'époque pour désigner les africains) fut la seule « machine » employée avec grandes pertes pour construire routes, voies ferées... Alors que les anglais et les belges utilisaient de vraies machines pour un développement plus poussé de leurs colonies. Malgré toutes ces horreurs, les africains nous accueillent toujours à bras ouverts. Ca nous surprendra toujours!!

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   On s'est aussi promenés dans Dakar, en faisant connaissance avec les pickpockets du centre ville. Suffit de crier fort et ils nous rendent notre appareil photo, ayant trop peur de se faire lincher par la population!! (On a lu des faits divers de la sorte dans la presse). Chez nous, la foule peut rester ici de marbre... Ici elle intervient, elle est rassurante. On est jamais seuls, et nombreux sont les gens honnêtes voulant nous venir en aide!! Donc pas de soucis. On sera juste plus vigilants la prochaine fois!! 

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( hé oui, vous ne rêvez pas, il y a bien une baraque à frites Wolof sur le port de Dakar... les baobabs dans l'arrière plan la rendent moins ch'ti non?)

   La ville de Dakar est très étendue, avec un grand port, on en a pas vu grand chose pour l'instant. Nombreux sont les restes de la colonisation française, avec de nombreux bâtiments : la chambre de commerce, l'hotel de ville, le palais du président de la République (« Maitre » Abdoulaye Wade, comme il se fait appeler, on reparlera de ce personnage et de la situation politique locale). On passe devant la cathédrale avec le tout proche « Institut Jeanne d'Arc » où notre Antoine Hennebo de Bray-Dunes a enseigné trois années durant avant de rejoindre la Thailande (cf notre voyage thailandais)...

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          Et puis au boulot!! Assez rapidement, on accompagne Idrissa dans ses activités, entre l'hopital national psychiatrique de Thiaroye (proche de Rufisque) où se trouve son service (de consultation et de prise en charge de jour de pédopsy), et le service de psychiatrie du CHU de Fann à Dakar. Fann est un peu la « mecque » de la psychiatrie francophone en afrique. Depuis les années 60 et l'arrivée du Pr Collomb... Pour Elise, il s'agit de prêter main forte au service social de l'hopital, et aussi de prendre contact avec des ONG du coin...

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    Les choses se mettent en place tout doucement! En tout cas, c'est fort intéressant, par l'étendue des découvertes culturelles (les croyances locales), qui sont à prendre en compte dans les prises en charge . D'ailleurs, Idrissa a eu fort à faire avant notre arrivée, avec une épidémie de malaises et de crises « hystériformes » dans les collèges du pays (plus de 200 cas en quelques semaines). Le phénomène a entrainé un débat national, et chacun, parents d'élèves, marabouts, guérisseurs, imams, médecins, ayant son mot à dire. En tant que coordonnateur de la psy au niveau du ministère, il a eu à intervenir et mettre en place un place un plan d'action... et répondre aux jounalistes, devenant une star de la télé!!

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      On a quand même profité de la scène artistique de Dakar qui est riche ! Le 11 mai est l’anniversaire de la mort du reggae-man Bob Marley. Un quasi jour férié en afrique ! Tellement sa musique et son message en faveur de la libération de l’homme noir, ont un écho immense ici. Ce jour est l’occasion de concerts et de fêtes, comme le festival de reggae que l’on a vu au stade Bemba Diop, avec de nombreux groupes sénégalais (qui chantent en Wolof et en français) comme Dred Max, qui nous a bien plu. La tête d’affiche, l’Ivoirien Alpha Blondy, le pionnier du reggae africain, nous a bien déçus, dans son délire mégalo-mystique… Il a mal tourné le alpha, maintenant que Tiken Jah Fakoly l’a détroné au niveau popularité. Il supporte mal d’être deuxième !! Et donc il ne trouve rien de mieux que d’insulter son rival !

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On était accompagnés du sympathique Aarpul et de sa joyeuse bande. Un des piliers de la communauté « couchsurfing.com » dakaroise. Un sacré type ! Fort accueillant et protecteur, comme sont les gens ici !

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    Après cette acclimatation chez Idrissa, on s’est trouvé a proximité un superbe « studio » à louer… Il doit bien faire dans les 80 m2 ! Et comme on ne transporte pas de meubles dans notre sac à dos, c’est un peu épuré au niveau déco !! On vous envoie les photos dès que possible !! En tout cas ça fait du bien de se poser pour quelques mois, après avoir joué aux nomades depuis Buenos Aires en novembre !!

Bécots

Elise et Ju

Hé les chtimis ! Profitez bien du début d’été ! En cas de rupture d’approvisionnement en soleil, vous pouvez toujours venir vous fournir ici !!

Posté par bdboy59 à 18:55 - 08 Sénégal - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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