18 janvier 2008
Afro-Bolivia
iOla a todos!
On a pas mal bougé depuis une semaine. Depuis Cochabamba on est arrivés a la capitale, La Paz ("Notre Dame de la Paix" est le nom complet de la ville... assez ironique, dans un pays ou la paix est difficile à établir!!).
Une tiote carte pour vous situer le tout:
Ver mapa más grande (clique ichi chi ti veul' vir plu grin!)
On vous laisse parcourir le texte de cet article de courrier international... A la lecture, vous aurez une petite idee de l'ambiance de la ville.
Apres avoir quitté Cochabamba, nos visages connus et nos petites habitudes (en 15 jours on se crée vite un petit univers et un petit chez-soi!... de repas entre collocs, des crepes et du fromage.), c'est une ville endormie, brumeuse et froide qui nous accueille un dimanche matin... Le trajet de nuit aura duré 10 heures dans un bus très comfortable avec en bruit de fond les nombreuses averses. La saison des pluies n'est pas une illusion, nous en faisons l'expérience depùis notre arrivée en Bolivie. Ça nous rapproche un peu plus des gens de ch'nord!!!
La Paz: une cité en carton!! Située dans une vallée encaissée entre 3600m (le centre ville et les quartiers riches) et 4100m d'altitude (la banlieue), La Paz est la capitale la plus haute du monde. Les maisons sont a flanc de montagne, construites les unes sur les autres, sur un sol de terre meuble..
Difficile de croire à la solidité des fondations, dans cette région a risque sismique, un tremblement de terre ferait des catastrophes! Dans certaines de ces ruelles, il est possible de se perdre! Phénomène assez rare dans une ville sud-américaine. Dans le quartier indien, les rues sinueuses, pavées et colorées ont un charme fou.
Les "cholas" (indiennes habillées du costume traditionnel) nous accueillent et nous proposent toutes sortes d'artisanat, d'empanadas, de salteñas... ou même de quoi faire des offrandes a la pachamama (mère nature) : herbes, foetus de lama à enterrer dans les fondations de sa maison en construction pour porter chance...
Il est d'ailleurs surprenant de voir comment la religion catholique se mélange avec les cultes indiens: offrandes aux divers saints catholiques pour obtenir richesse et grosse voitures, représentations de la vierge comme pachamama (comme a Potosi), architecture des églises avec des motifs indiens etc...
Les cholas ont quitté leur chapeau de paille fleuris de la région de Cocha
pour retrouver le fameux chapeau melon. Elles sont toujours aussi belles, la peau brune, souvent ridée par le soleil et le vent... Elles on un sourire incoyable et une fameuse technique du tricot!! Passer quelques minutes avec elles a les questionner sur la ville, l'artisanat, et le tricot est un régal.
Leurs paroles sont lentes, calmes et nous bercent, loin de l'accent rude, chuintant et rapide des argentins. On a l'occasion de s'en rappeller, vu qu'on en croise énormément dans les hotels.
La Paz accueille de nombreux marchés. Toutefois, celui de Cocha n'a rien a leur envier. C'est en effet, l'un des plus grand marchés du pays, qui doit représenter plus de 10 fois le marché de wazemmes. Une ville à l'intérieur de la ville, où l'on trouve de tout... Sauf ce que l'on cherche vraiment! Les stands se succèdent et sont toujours de plus en plus colorés. Regroupés par thèmes, il n'est pas rare de marcher 15 minutes en ayant autout de nous que des sous vêtements ou des fruits exotiques. Mais qu'il est bon de se laisser bercer dans cette ambiance particulière, parfumée et chaleureuse. Les "comedors" nous donnent l'occasion de déguster de bons plats locaux: petites cantines publiques où l'on partage une ou deux tables communes; pour moins de 10 bolivianos, on nous propose une soupe (de quinoa, d'arachide, de pates ou de riz) un plat riche en glucides (riz et patates en général) avec un bout de viande et parfois un dessert. Bonne cuisine locale à agrémenter à souhait avec le picante (piment dont les boliviens raffolent).
En montant jusqu'à El Alto, la ville-dortoir de 800 000 hab qui se développe autour de l'aeroport au dessus de la Paz, nous profitons d'une superbe vue. El Alto rassemble les nombreux Aymara ayant quittés la campagne environnante ainsi que les mines d'étain désaffectées. Surpeuplée avec une urbanisation anarchique, elle ne bénéficie pas toujours des services d'eau et d'électricité. Biensûr, la sécurité pour les gringos est précaire... C'est le bastion du parti du président, le MAS. Toujours aussi populaire ici, vu la propagande abondante sur les murs: "Evo se queda, Evo cumple" (Evo reste, Evo accomplit.. le changement dont on vous a parlé précédemment).
La Paz est surprenante: avec son lot de voitures, de minibus, mais les gens sont relativement zen... Tout semble ralenti. On est loin de l'agitation latine de Buenos Aires. Dans les rues, il est également possible de se faire lire l'avenir (sauf pour les gringos) avec quelques feuilles de coca déposées sur une manta (tissu traditionnel).
Trois jours à La Paz nous ont permis la visite de quelques musées, des balades lentes, vu le manque d'oxygène, la dégustation de poulet frit avec des patatas fritas, plat national. Le poulet a la côte ici!!! Tout cela sous beaucoup de pluie et de grelottements (5 degres le matin, 15 l'aprem), avec de belles éclaircies quand même, nous permettant de voir les superbes chaines de montagnes qui entourent la ville à l'est: La cordillera Real et ses sommets enneigés à plus de 6000 m d'atltitude!!
On n'oubliera pas non plus la rencontre de Gustavo de Buenos Aires et d'Alexis de Lima... Le maté Argentin et son rituel amical permettra toujours les rencontres. Grandes discussionssur la culture sud-américaine, et les splendeurs de l'Argentine et du Pérou... Chacun défendant son pays et crachant sur les chiliens (l´histoire fait que le Chili s'est fait que des ennemis parmis ses voisins). Moment d'émotion lorsqu'on aborde le sujet de la guerre des Malouines avec Gustavo. Des proches de son père sont restés là bas. Mais si c'était à refaire, la jeunesse argentine repartirait à l'attaque! Difficile à comprendre, après ce qu'il s'est passé et vu les conditions (dictature sanglante de l'époque)... On aurait du se coucher tot ce soir la.. Mais ces deux grands bavards et le maté nous ont tenus éveillés, le tout en español!! On en comprend de plus en plus, même si "hablar es dificil"!!
Une petite journée en excursion a Tiwanacu nous a permis de visiter et connaitre cette civilisation pré inca qui régna sur les lieux de -1000 à 1200 apres JC, de l'actuel Pérou jusqu'au nord de l'Argentine. Superbes ruines (refaites) incomplètes car les pierres ont été utilisées pour construires les églises catholiques et les voies de chemin de fer!!!
Prouesses de technologie de construction (vu la taille des blocs de pierre, déplacées sur des dizaines de km sans qu'on sache comment, sans roue notamment) et agraire. Superbes statues qui auraient inspiré Hergé pour le "temple du soleil"...
Statues d'ailleurs décapitées par les conquistadores car profanes ou "exorcisées" permettant leur conservation.
(la croix des conquistadores et le triangle de la sainte trinité gravés pour "exorciser les idoles")
Il ne reste pas grand chose des trésors d 'or, le tout ayant fondu en lingots. Ou dans le meilleur des cas exposé dans les musées européens, comme au Louvre. Ces ruines de Tiwanacu sont les restes d'un centre religieux et politique, avec plusieurs temples orientés selon le soleil et les constellations. La porte du soleil en est le monument le plus connu.
Aujourd´hui enore, les Aymaras célèbrent ici le solstice d'hiver, le 21 juin en faisant des offrandes à la pachamama...
Changement de décor depuis mercredi 16/01. Apres 3h de bus et 2400m de descente, nous voici à Coroico, la "capitale" de 5000 habitants de la régions des Yungas. La route de La Paz fut assez magique, avec un col à 4800m
puis un plongeon dans des vallées sub tropicales vertes, chaudes et humides.
Certains touristes descendent en VTT par la "ruta de la muerte" plus connue sous le nom de la route la plus dangereuse du monde, on a pris la décision, vu la pluie de prendre le bus et la "nueva ruta" goudronnée!!
On a changé de saison durant le parcours. Ici c'est l'été! Soirées en débardeur sous les bananiers et les manguiers! On s'est même offert un hotel avec piscine, c'est dire le luxe!
Un lieu tenu par deux frenchies pas très causants, le genre expats blasés. Au programme, balades dans le village,
balades aussi dans les collines parsemees de champs de coca,
et visite au village de Taraña, peuplé par une communauté d'afro-bolivianos.
En effet, les Yungas sont peuplés, entre autres de 5000 afro-boliviens, descendants d'esclaves (de l'angola, du congo...) rescapés des mines de Potosi, puis installés là au 18ème par les colons pour cultiver la coca. Les Españols se rendant compte, "quand même" du génocide à Potosi. Ici au moins ils étaient dans un climat proche de l'afrique!!! Mais toujours esclaves pour fournir de la coca et des fruits aux mineurs. Ensuite l'esclavage fut aboli en 1851, mais ils restèrent aux ordres des grands propriétaires terriens. Puis 1952 et la réforme agraire leur attribua leur propres terres. Désormais ils vivent en communauté, avec peu de contacts et peu de métissages (il y a une famille mixte sur 30 à Taraña). Le processus actuel de nouvelle constitution devrait les reconnaître comme ethnie bolivienne à part entière...
C'est étrange de rencontrer des "africains" ici, de leur parler espagnol, de leur parler de l'afrique que nous connaissons un peu et qu'ils n'ont jamais vue, sauf en photo. Beaucoup de ressemblance avec ce que l'on connait. On les voit cultiver le café, le manioc... Des plantations de bananes entourent des maisons en terre. On se croirait projetés de l'autre côté de l'atlantique! Un petit bout d´Afrique en amérique latine! Certaines femmes ont tout de même adoptées la tenue des Cholas, jusqu'aux nattes indiennes.
Malheureusement les travaux aux champs les retiennent, nous ne pouvons pas poursuivre plus longement la conversation. Chacun était curieux d'en apprendre sur l'autre...
09 janvier 2008
Bolivia, un pays en ébullition
Ola los franchutes!
Même s'il y a une trêve pour les fêtes
de fin d'année, nous souhaitons vous dire quelques mots sur la situation
politique en Bolivie, comme promis… c’est un peu long, mais difficile de faire court. 1 mars
à celui qui ira jusqu’au bout du texte !!!
Nous hésitions
à prendre la route vers le pays car fin novembre de violents affrontements avec
3 morts, se sont déroulés dans la ville de Sucre que nous avons quittée le
27/12/07.
Avant
d’essayer de vous raconter ce qui se passe en ce moment dans ce pays, quelques
brefs rappels d’histoire…
Il
était une fois un territoire de la
région centrale du continent sud-pas encore-américain qui était peuplée de
divers groupes humains plus ou moins nombreux et étendus, arrivés vers 16000
ans avant JC d’asie et ayant traversé tout le continent du nord vers le sud. Ce
bout de territoire était et est toujours fort contrasté.
Il y
avait (et il y a toujours) les habitants des plaines tropicales, de la jungle
et des marécages du Chaco, à l’est, peu nombreux mais divisés en une trentaine
de peuplades tous avec des langues différentes (dont les guaranis).
Ces
habitants se mêlaient peu aux habitants des montagnes, vers l’ouest, constitués
de différents peuples mêlangés par des conquêtes et des empires successifs. On
peut citer les Aymaras, les Tihuanacu qui, partis du lac Titicaca formerent le
premier empire de la région entre 0 et 1000 environ. Puis vinrent « les
enfants du soleil »(d’où le dessin animé), les Incas vers 1300 depuis leur
capitale Cuzco (« le nombril du monde » en quechua, leur langue, dans
l’est de l’actuel Pérou). Le plus grand empire était a son apogée couvrant la
chaine andine (l’Inca ne descendit pas de ses montagnes), allant de l’actuelle Colombie
jusqu’au milieu du Chili, en 1527 quand les premiers espagnols, assoifés d’or
sont arrivèrent dans le coin. Il ne suffit que de quelques mois a Pizzaro et
une poignée de conquistadores, apportant des virus dans leurs bagages, variole
en tête, pour reduire l’empire en esclavage et construire des églises sur les
fondations des temples détruits.
La
colonisation s’est faite dans la violence et la brutalité. Les
« indigenas », occupés par les incas ignoraient le commerce, la
notion d’enrichissement personnel. L’empire autoritaire s’occupait de gérer et
répartir tout : population, vivres, biens manufacturés... Donc le choc fut
rude en voyant débarquer ces barbus en armures sur leurs chevaux, ne pensant
qu’a l’or et l’argent. Des quantités innomables de richesses furent extirpées
des trésors et temples des Incas puis des mines (Potosi entre autres)...
Suite
de l’histoire, les espagnols s’installent avec un vice roi à Lima pour gérer le
pillage et l’évangélisation… Les populations indigènes se réduirent comme peau
de chagrin… Essayant tout de même de se révolter, comme vers 1572 avec a leur
tête Tupac Amaru 1er (l’inca, pas le gangsta-rappeur
newyorkais !!) . Puis les idees de la revolution francaise faisant
leur chemin, les « criollos » et autres « mestizos »
(métis) commencèrent à se dire partout en Amérique du sud, qu’ils pourraient
vivre tranquillement et gérer leur affaires tous seul sans les maudits
spaniols… On l’a vu avec San Martin en Argentine, de la même manière Simon
Bolivar partit de son Venezuela natal
avec son armée de mercenaires pour botter les espagnols. Chose faite en 1825,
non sans difficultés. Mais le rêve de Bolivar d’une Amérique unie
s’écroula devant les volontés régionales, et donc les territoires se séparèrent
en multiples nations. Le Haut Pérou déclara son indépendance, avant de
s’appeller Bolivia, en référence à qui vous savez…
Voili une tiote carte pour vous
permettre de visualiser le truc :
Dans
tout ce processus les populations indigènes n’eurent pas vraiment leur mot à
dire, comme dans la politique de cet état naissant. La démocratie étant plus un
idéal de quelques intellectuels, et non une volonté du peuple, l’armée
s’engouffra dans le vide laissé pour gouverner. S’en suit une succession
ahurissante coups d’états, de dictateurs et de généraux présidents, soit fous
ou autoritaires, avec une durée aux affaires des plus courtes (le 4eme
president fut assassiné au bout de 4 jours aux affaires)!! La Bolivie serait le
pays qui a connu le plus de coups d’états au monde !!! Donc de l’un des 20
plus riches pays de la planète à son indépendance, la Bolivie est aujourd’hui
le pays le plus pauvre du continent américain. De plus, sur le plan économique,
la fin de l’influence espagnole laissa la place libre aux anglais puis aux
« estasuniensos » (yankees), créant des alliances pour contrôler le
pays et continuer le pillage des ressources… Il y eut même des alliances avec
les gouvernements Chiliens, Brésiliens, Argentins..., pour encourager des
conflits locaux, ce qui fait qu’en 1900, le pays a perdu la moitié de son
territoire et son accès à l’océan pacifique au cours de différentes guerres…
La suite, coups d’états, etc…
Avec une tentative du Che Guevara de créer un « nouveau vietnam » en
1967, sans grand succès. La CIA et l’armée bolivienne aura sa peau, et El
Commandante sera abattu, montré en trophée et enterré du côté de Vallegrande.
La
démocratie revient en 1982, et est restée depuis. La presse est libre (le pays
figure en bonne place dans le classement de reporters sans frontières, 68ème/169).
Reste la question des populations indiennes, les « indigenas »comme
on dit ici. Difficile de savoir leur proportion, selon qu’ils se considèrent
métis ou non. De 20 à 60%. En tout cas la Bolivie est le pays du continent le
plus « indigène ». Leur combat pour une reconnaissance culturelle,
des droits sociaux, bref, pour avoir une place dans ce pays s´accentue dans les
années 1990. Un des pôles de cette lutte est celui du combat des
« cocaleros », ou cultivateurs de coca, la plante maudite de Washington,
dont un certain Evo Morales. On reviendra sur les enjeux autour de la coca…
A force de combats, avec des grèves et des
« bloqueos » (blocages de routes, le sport national ici !), « Evo »,
comme on l’appelle se hissa à la tête du principal parti de gauche du pays, le
MAS ( Movimiento Al Socialismo). Un parti de « gauche » oui, mais
surtout formé de coalitions d’associations et fédérations de paysans, mineurs
indigènes. Donc le combat du MAS est surtout un combat de reconnaissance
indigène, qu’on a du mal à assimiler à la gauche d’autres pays (Argentine, ou Europe…)
où même à la révolution cubaine, ou à la révolution bolivarienne de Chavez au
Venezuela.… Un combat de cette majorité pauvre, jamais entendue auparavant,
vivant surtout dans les hauteurs froides et inhospitalières de l´Altiplano, à
l’Óuest du pays. En face le pouvoir en place (politique alors et toujours
économique), celui de la bourgeoisie descendant des colons espagnols a vu son
influence s’amoindrir. Le constat est caricatural, mais on sent bien cette
cassure en se baladant dans ce pays… Les « campesinos » semblent
vouer un vrai culte à cet homme providentiel qui leur rendra leur dignité. Les
slogans fleurissent sur les murs, en campagne. « Somos MAS ! EVO
presidente » etc… (les hispanophones auront compris le jeu de mot sur MAS :
« nous sommes plus »)…
La
Bolivie a connu un changement politique majeur depuis l'éléction d’ Evo Morales
fin 2005 à la tête du pays. Il est le premier amérindien à accéder à la
présidence. Il porte l'espoir d émancipation de nombreux Sud Americains a
l'égard de grandes nations occidentales mais aussi du peuple indien.
Dès
2006, Evo s'engage à mettre en place la « révolution démocratique et
culturelle ». Il souhaite entre autres controler les ressources naturelles
(eau, hydrocarbures, minerais…), dépénaliser
la feuille de coca, reconnaitre les cultures amérindiennes.
La
nationalisation des hydrocarbures, (le pays a du pétrole et possède le deuxième
gisement de gaz du continent après le Venezuela), qui est plus une rediscution
des contrats avec les firmes étrangèrs, qu’une réelle nationalisation, et la
création de taxes sur les exportations de minerai rapporte beaucoup d'argent à l'état.
Comme dit Evo, « le but est de faire cesser le pillage de nos ressources.
(…) La Bolivie n’a plus de maîtres, mes des partenaires ». Cette manne
permet des avancées sociales, ce qui fait que la moitié des boliviens a droit
désormais à une couverture médicale publique (entre autres les moins de 5 ans
et les plus de 60, les femmes enceintes, et les habitants de deux des plus
riches départements.). De plus cet argent, ainsi que la coopération
venezuelienne permet de financer des projets locaux de développement (programme
d’alphabétisation de masse, infratructures de transports etc..).
Par
ailleurs, le gouvernement bolivien a établi un statut de bien public non
privatisable pour les ressources en eau potable, ouvrant la voie vers la
reconnaissance d’un « droit à l’eau » sur le plan international.
Pour
concrétiser les réformes et aller plus loin, le MAS décide d’engager le pays en
aout 2006 dans un processus de rédaction d’une nouvelle constitution, par
l’élection d’une assemblée constituante. Ces 255 députés comportent 87 femmes,
dont la présidente, Silvia Lazarte, une indigène. Le MAS y est largement
majoritaire, permettant une concrétisation de son projet de « refondacion »
de la société bolivienne, non plus sur le modèle libéral lors de son
indépendance, mais bien à l’image de la société indienne…
Les
enjeux sont énormes:
- reconnaissance de nations
autochtones, faisant de la Bolivie un état « unitaire, plurinational et communautaire ».
Les mots pèsent lourd.
- la question des autonomies locales : départementales, communales, et indigènes
- contrôle sur les ressources naturelles
- renouvellement des institutions de l Etat
Pour
la première fois, on donne donc un pouvoir plus important aux communautés
autochtones (indiennes), qui sont en Bolivie majoritaires, ce qui contribue à renverser
la hierarchie sociale.
Au
coeur du débat: la reconnaissance et les pouvoirs à accorder aux peuples
autochtones et afro-descendants, c'est à dire, leur droit a l'autodétermination
à l'intérieur du territoire bolivien pouvant impliquer entre autre la
restitution de territoires ancestraux, l'autogouvernement sur ces territoires
et le pluralisme juridique, politique, culturel et linguistique en Bolivie. Les
34 langues indigènes en plus de l’espagnol deviennent langues officielles. Et il
y aura donc si la constitution est ratifiée par référendum en mai prochain,
cohabitation de plusieurs systèmes judiciaires indigènes et ordinaire, voire sur
le plan politique nomination d’autorités locales indigènes selon les habitudes
ancestrales, et non avec les règles de la démocratie. Pour quelles compétences ?
Et comment articuler les différents systèmes ? Nous ne sommes pas rentrés
dans le détail, mais cela semble bien compliqué…
Autre
point épineux: celui de l'autonomie d'épartementale que les regions les plus
riches, à majorité « criollos » et métis, sollicitent, telle Santa
Cruz, la capitale économique du pays, à l’est, qui a proclamé son indépendance
le jour où nous entrions dans le pays. (le 15/12/07). Les autorités cruzeños
refusent la notion d’autonomie indigène et réclament une autonomie
départementale pour pouvoir profiter de leurs richesses. (la région produit des
hydrocarbures).
Tout ça,
provoque donc aujourd'hui des débats violents et parfois des tensions graves
lors de manifestations. Comme a Sucre fin novembre, lieu de siège de l’assemblée
constituante. Malgré cela, le processus constitutionnel continue, la
constitution a été votée le 9 décembre à Oruro, sans la participation de l’opposition
qui a boycoté le vote… Où a été empéchée d’accéder à l’assemblée par des
mineurs, partisans d’Evo ?? Les versions divergent selon qui raconte les
faits… Car s’il est bien une crainte ici, c’est que ce processus divise un pays
sur le bord d’éclater. Une peur fort répandue. Les manifestations, les
confrontations entre différents camps radicalisés sont de plus en plus
violentes, avec batailles rangées. Comme ici à Cochabamba il y a un an
exactement. Une plaque commémorative se trouve à l’endroit où un étudiant
cochabambino de 18 est mort…
Dans ces organisations, on peut citer l’union juvénile de Santa Cruz (UJC), de plus en plus décrite par les médias comme une organisation fasciste, soutenue par des élus de cette région qui n’hésitent pas a dire que « Dans ce pays, bientôt il faudra mettre des plumes pour exister »… No comment. De l’autre côté, les campesinos sont fortement structurés, dont le groupe des « ponchos rouges » qui en lynchant et égorgeant un chien devant des caméras, ont déclaré que les opposants au processus constitutionnel en cours subiraient le même sort. Hum hum… C’est bien ce que reprochent les modérés et la classe moyenne à Evo, sa propension à manipuler et utiliser à son propre compte les masse de campésinos, assoiffés de justice sociale et de reconnaissance, mais malléables à merci, pour gêner l’opposition et avoir ce qu’il veut… Pas plus tard qu'hier, on a assisté à une manif de campesinos en soutien au maire de Cocha, "Chaly". Sans débordement de violence rassurez-vous...
Evo
Morales précise: "Avant, en Bolivie, les riches étaient au pouvoir et les
pauvres luttaient contre les politiques d'inégalite. Et maintenant que le
gouvernement s'efforce de faire valoir les droits du peuple, on empeche
l'égalite sociale et la réduction des differences".
Que nous réserve la suite ?? Evo et le MAS devront-ils modérer leurs
attentes et la profondeur des changements sous peine de voir la violence
revenir, et à terme risquer l’éclatement du pays ? La Bolivie a souvent
fait machine arrière au dernier moment…
…à suivre…
Voilà, on a pas mal bossé tous les deux pour essayer de vous expliquer la
situation compliquée de ce pays… On n'est pas sur d’avoir tout compris et on espère que
ça n’aura pas été trop fastidieux, et que vous aurez pu y comprendre quelque
chose…
BRAVO A TOI QUI EST ARRIVE A LIRE JUSQU’ICI !!
CHAO !!
NB : liens vers des articles (nos sources, parcque ya pas que le routard et le lonely dans la vie!) au bout du message "Dans les vallées"
¡Feliz Año Nuevo!!
Cochabamba, le 9/01/2008
¡Hola a todos!
On vous souhaite a toutes et à tous une belle et heureuse année 2008!! Quelle soit riche en émotions et en découvertes!!
Le nouvel an fut somme toute assez calme ici... Petit resto sympa avec nos collocs, puis fin de soirée dans un bar anarcho "la barca ebria" avec DJ disco et concert rock assez punk... Drôle de mélange de gens et de styles!! Minuit ne fut pas vraiment l´explosion de joie ni de feux d'artifices...
C'est la nouvelle année des catholiques, pas des quechuas... C'est plutot un moment propices aux supersticions qu'à la fête. Ainsi il y a pas mal de coutumes assez rigolotes pour le nouvel an. Ainsi, il faut pour avoir de la réussite lors de l'année a venir..:
- mettre des sous vêtements rouges si on veut avoir de la chance en amour, ou jaunes si on veut de l'argent
(d'où les stands sur les marchés)
- acheter des faux billets, si possible une grosse liasse de billets de 500 euros ou 100 dollars et les compter sur les douzes coups de minuit pour avoir des chances de devenir riche!!!
- ceux qui veulent voyager l'année suivante doivent sortir de chez eux a minuit et faire le tour de leur quartier, avec valise sous les bras!!!
-il est de coutume aussi de manger 12 grains de raisin "uva" blanc, avec 1 voeux par mois de l'année
A Cochabamba, il est également de tradition de faire des offrandes à la Pachamama, la mère nature, tous les premiers vendredis du mois, en brulant encens, feuilles d'eucalyptus et d'autres choses...
On continue sur notre lancée ici. Tout va pour le mieux dans cette sympathique ville. On vit donc avec Tom, l'english qu'on a rencontré en Argentine,
Ruth, une flamande de Leuven, et Jan, un hollandais.
Ça parle english, donc, et malheureusement pas espagnol... Surtout depuis que le boss de l'association qui gère la maison, Eric, un Californien, est revenu de San Francisco ainsi que Charles, un jeune texan qui est arrivé hier... En effet, Tom est volontaire pour l'ONG "Sustainable Bolivia", qu'à monté Eric il y a quelques mois. Voici un lien vers le site...
On commence à prendre nos marques... Cours d'español le matin avec Patricia notre prof, balades ou lectures l'apres midi. Comme par exemple au marché de Quiacollo, une ville de la banlieue de Cochabamba. Voici une petite video pour vous permettre de sentir l'ambiance:
On est aussi parti se balader dans la région, dans un parc national surplombant la ville, avec une vue magnifique...
interrompus dans notre élan sportif par la pluie!!
On est aussi allés dans le magnifique petit village de "Tarata", dont le saint local, vénéré dans le couvent se nomme "San Severino"!!! De là à ce que Nagui vienne animer le tout!!
Un contraste, ce village endormi, loin de la grande ville... Ou les habitants se réunissent le soir pour boire la "Chicha" (dire "tchitcha"), une bière de maïs et de blé, de fabrication artisanale. Un drapeau a l'entree d'une chicheria indique que la chicha est prête.
Ça fait penser à ceux qui connaissent au dolo burkinabé (la bière de mil). Ça en a l'aspect, voire le gout acidulé, avec en plus le maïs... Et en plus c'est servi dans une calebasse, le tout dans une maison en terre sur un banc!!!
Tarata a été pour un court instant capitale de la bolivie!!! eh oui! Grace a un de ses fils complètement timbré, un général dictateur du 19ème... Là aussi pas de bol, la pluie s'en est mêlé. C'est de saison... Juste le temps d'aller faire un tour chez M Vargas le potier et retour au chaud à Cocha, la "Llajta" (le village en quechua) comme on dit ici. On se prépare déjà pour le carnaval, qui a l´air d'être un sacé truc!! Les étudiants s'organisent en bandes pour répéter, comme sur la place a côte de notre maison, qui est juste à côté de l'université San Simon...
Chao chicos!
30 décembre 2007
Dans les Vallées...
Ola Chicos!
On est a Cochabamba depuis vendredi
matin(28/12), après un voyage de nuit en bus assez mouvementé, route non
goudronnée, pluie et route de montagne, heureusement qu’on n'y voyait
rien !! Par contre difficile de dormir dans ces conditions malgré le bus
« cama » (lit) avec sièges inclinables… Pas le grand luxe argentin,
mais fort bien confortable si on compare à certains trajets burkinabés !!
Ici
on est à 2500 m d’altitude dans un climat agréable, de 20 a 30 degrés la journée
selon l’ensoleillement, et comme c’est la saison des pluies en ce moment, on a
des jours bien gris comme dans chnord. Le tout dans une vallée encaissée avec
des pics a plus de 5000m autour, une colline avec la plus grande statue du
christ au monde, 33m de haut (eh oui, dans ce pays ya beaucoup de « plus … du
monde » !!). 1,6 millions d’habitants, la troisième ville de Bolivie,
voila pour le décor …
Depuis le dernier message, on a bougé de
Potosi le 24/12 car Ju supportait plus l’altitude (4100m)… Donc bus direction
Sucre, prononcer « Soucré ». C’est la capitale historique du pays,
depuis son indépendance en 1825, proclamée ici
(dans la casa de la
independencia) par le libertador vénézuelien Simon Bolivar, d’où le nom du
pays qui du « Alto Peru » devint Bolivia de son vivant. Pas la
grosse tête le gars !! Son second, le maréchal Sucre donna son nom à la
capitale, comme ça la boucle était bouclée. Voici un petit article pour ceux que ca interesse...
Une
ville musée magnifique qui a su conserver l’architecture coloniale de son
centre ville, dans une blancheur de rigueur (interdit de peindre sa maison
autrement !) déclarée patrimoine mondial UNESCO (comme Potosi d’ailleurs).
Un endroit fort sympa pour se balader avec des marchés vivants et pleins de bonnes choses,
mais un peu calme le soir pour une ville
qui prétend à redevenir « capital plena ». En effet, depuis que les
mines de Potosi, proches, ont perdu leur rentabilité et leur niveau de
production, vers la fin du 19ème, La Paz a supplanté Sucre et est
devenue le siège du gouvernement, de la présidence et des ambassades. Sucre a
garde le pouvoir judiciaire (la cour suprême est ici). Ce qui donne un pays à 2 voire 3 têtes dirigeantes (car
Santa Cruz, la plus grande ville du pays, à l’est dans la jungle est devenue
capitale économique, depuis que l’on y a découvert du pétrole et du gaz dans
les années 80).
On y a fêté noël en amoureux dans le sympathique resto de l’alliance française, avec bon gueuleton.
Eh oui un extra
de temps en temps, ça fait pas de mal ! On a bu des cevezas et de la
liqueur de noix avec un groupe de jeunes volontaires belges de Louvain la Neuve
fort sympas… On a vu un film fort intéressant dans un café de gringos tenu par
un néerlandais, « Imagining Argentina », «Disparitions » en Francés, avec Antonio Banderas et Emma Thompson. Fort
intéressant et bien fait si vous voulez en apprendre un peu plus sur la période
de la dictature en Argentine dans les années 70 et des desaparecidos. En plus
il y a pas mal de plans tournés dans le centre de Buenos Aires que l’on a sillonné,
la plaza de mayo et les manifestations de mères des disparus, la Boca (la fin
du film), aussi dans la Pampa…
A
Sucre, on a surtout continué d’en apprendre sur la politique et les mouvements
sociaux fort mouvementés en ce moment. Ainsi Sucre a été le théâtre de
violentes manifestations fin novembre dernier avec 3 morts par balles perdues.
Les jeunes belges qui étaient là nous ont raconté l’état d’anarchie de la ville
pendant 3 jours. La police dépassée a même quitté les lieux ! Se sont affrontés
les étudiants et les habitants de la ville opposés au président Evo Morales
contre les partisans de celui-ci, principalement des paysans indigènes (ou des
mineurs).
(le dernier tag est d'un militant pro-Morales, le croissant représente les départements de l'est du pays, la "media-luna, qui est a majorité blanche, de droite anti-morales)
Les habitants de Sucre, outre le rejet de la nouvelle constitution réclament a corps et a cri leur statut de capitale du pays, qui somme toute semble un peu exagéré pour cette petite ville (300 000 hab) peu dynamique sur le plan économique, mais faut pas trop le dire sous peine de se faire des ennemis !!
De toute façon, on ne cesse de toute façon d’entendre des
discours et versions contradictoires, donc difficile de se faire une opinion…
Vaut mieux ne pas prendre parti, ce n’est pas notre rôle !!! De ces
affrontements, restent des voitures brûlées et des vitres brisées, notamment
celles du siège du gouvernement du département de Chuquisaca (le dptmt de
Sucre). Donc vous pouvez l’imaginer, la Police est revenue en force, donc il y
en à tous les coins de rue et devant toutes les banques. On finit par s’y habituer
et ne plus les voir. En Bolivie, ils ne sont pas armés, sauf pendant les
émeutes, où Morales a envoyé des policiers armés, ce que reproche la population
de Sucre. Par contre en Argentine, il y en avait aussi partout, armés, avec
gilet par balle… « ça fait partie de l’uniforme de base » nous a-t-on
dit !! Pays de gauchos-cowboys… On ne peut s’empêcher de comparer
l’argentine aux USA…
Cette tension s’est apaisée pour les fêtes. Le président a sollicité une trêve. Donc tout est calme maintenant. Le jour de noël, des Ong et des particuliers ont procédé à des distributions de nourriture et de cadeaux sur la place principale à destination des pauvres campesinos (paysans indiens de l’altiplano qui fuient la campagne et s’entassent en ville), du haut de leur pick-up, provoquant bousculades et ruées…
Il y a plein de campesinos en ville qui mendient. Ce qui nous choque, ce
n’est pas leur présence, on en a vu beaucoup plus en afrique, mais le clivage
de cette société. Les mendiants sont exclusivement des campesinos, indiens,
habillés dans leurs costumes traditionnels, au milieu de la foule de bourgeois
et classe moyenne métis ou descendants d’espagnols vivant à l’européenne,
achetant chez Bata des chaussures à 50 euros, et se font des restos à 10 euro
par tête. Pour vous donner une idée du décalage de niveau de vie, on peut
manger un « almuerzo », déjeuner avec menu complet pour 1euro=10
bolivars, dans un « comedor popular », c'est-à-dire une cantine sur
les marchés… Le décalage, le gouffre social est énorme, comme vous le voyez…
Pour vous permettre, et nous permettre d’y comprendre un peu plus sur que vit la Bolivie en ce moment, on va vous faire un essai de synthèse dans le prochain numéro sur la situation socio-politique bolivienne actuelle, qui trouve son origine, bien sur dans l’histoire, la colonisation qui donne au bout de compte un pays divisé, soumis a des tensions récurrentes ethniques, sociales, économiques, politiques…
d'ici là pour les curieux et impatients, un lien vers une série d'articles intéressants...
ainsi qu'un article recent du monde.fr
23 décembre 2007
Felices navidad !
Joyeux noel a tous et bonne année, en direct du salar d'Uyuni!!!
voici un article interessant qui parle du salar...
PS :petite mise au point sur notre itineraire...
ciao
Ver mapa más grande (clique ichi chi ti veul' vir plu grin!)
Bolivia nous voilà!
ola a tous!
On est a Potosi depuis hier (22 decembre) et dans ce pays depuis le debut de semaine...
De l'Argentine, nous sommes arrivés lundi 18 decembre dans la ville de Tupiza, sud de la Bolivie. Un sacré choc... même si le nord de l'Argentine nous avait préparé au dépaysement! On passe d'un des pays les plus riches du continent sud americain, avec un mode de vie européen, au pays le plus pauvre... Nous faisons un bond dans un autre temps, une autre epoque. La population est indienne en grande partie et les femmes portent souvent le costume traditionnel: jupes a jupons multiples, chapeaux melon colore, nattes et "manta" (tissus colore, utilise pour tranporter tout type de choses sur le dos, un peu comme le pagne des africaines).
Nous avons fait quelques rencontres a la frontiere, en attendant le bus..( bcp moins ponctuel qu'en Argentine :2 heures de retard) Avec Walter,un bolivien qui rentrait au pays apres 10 ans passes en Argentine pour recolter un peu d'argent et avec Veronica et Maria 10/12 ans. Elles vendent des mouchoirs en papier. Moment d'echange interessant autour des dictionnaires d'espagnol et d'anglais.. Elles souhaitent apprendre un maximum de mots en un temps minimum.. Le chemin pour le moment les conduit a vendre des mouchoirs.. nous espersons que d autres portes pourront s ouvrir pour ces petites si desireuses d apprendre.. Ces rencontres nous apprennent deja beaucoup si la situation economique du pays..
Petite fiche provenant de courrier international :
Capitale de la Bolivie :Sucre (cap. constitutionnelle, La Paz siège du gouvernement)
Superficie 1 098 581 km², 2 x la France métro
Population 9,2 millions
Composition : Indiens 66 %, métis 24 %, Blancs 10 %. La majorité de la population est donc indienne et vit dans les montagnes (ouest du pays). Population urbaine >62 %. Principales villes : Santa Cruz (1,1 million d'hab.), La Paz (793 000 hab., 3 631 m d'altitude), Cochabamba (779 000). Densité :8.4 hab./km²
Espérance de vie 63,9 ans
Taux d'alphabétisation 86 %
Religion Catholique 95 % (religion officielle)
Langue officielle : espagnol (parlé par 55 % de la population). Autres langues : quechua (34,4 %), aymara (25,2 %), guarani (1 %).
POLITIQUE :République indépendante depuis 1825, unitaire. Democratie presidentielle(election ttous les 5 ans). President Evo Morales elu en 2005.
Depuis l'indépendance, la superficie du pays a réduit de moitié : au cours de guerres successives, la Bolivie a perdu les régions de l’Acre au nord (aujourd'hui au Brésil), du Mato Grosso à l’ouest (Brésil), du Chaco au sud (Paraguay), et surtout son accès à la mer au nord du désert d’Atacama (Chili). Depuis, la Bolivie est un pays enclavé.
ÉCONOMIE
Monnaie boliviano (1 euro= 10 Bs)
Ressources principales : Etain (5e rang mondial), argent (9e rang).
Indicateur du développement humain, (classement mondial selon l'IDH) : 0,692 (115e sur 177)
Voici pour les infos...
De Tupiza, nous sommes partis pour un tour en 4x4 dans le sud ouest du pays pour 4 jours dans des paysages superbes et des plus étranges : le sud Lipez
et ses lacs volcaniques multicolores, peuples de flamands roses, des étendues désertiques, des volcans eteints ou endormis, des lamas, des vigones (ou vicuñias, cousin sauvage du Lama, a la laine encore plus recherchee que l'alpaga... a ne pas acheter car espece protegee) et le Salar d' Uyuni, la plus grande étendue de sel au monde (11500 km2 de platitude parfaite, grand comme le Nord-Pas de Calais, pour vous donner une idee). Le tout a plus de 4000 m d'altitude, avec une montée à 5000!
Seul point negatif lie aux distances (on a fait 1100 km en 4 jours, et pas sur des autoroutes!!) : on a passe une grande partie du temps en voiture... mais bon se ballader a ces altitudes n'est pas aisé, vu le manque d'oxygène...
On s est donc laisse guider vers ces etendues incroyables.. dans le monde fabuleux de la cordillere des Andes. Des couleurs magnifiques a chaque kilometre parcouru : du blanc des versants enneiges a 5000 metres d altitude
au vert de la fameuse Laguna verde en passant par le rouge de la Laguna colorada, a l'ocre du Deserto Siloli ou desert de Dali ( les rochers sur se dressant sur cette etendue de sable ressemble a certaines de ses oeuvres) pour revenir au blanc immacule du salar..
Le salar est un endroit vraiment atypique.. payasage fantastique parfois interrompu par un ile semee de cactus frolant les 15 metres de hauts pluricentenaires (vu que leur croissance est d'un cm par an...)
Il est aussi le lieu d exploitation du sel.. enfer balnc sur lequel des centaines d hommes piochent chaque jour pour recolter du sel contre quelques centimes de Bolivanos.
Pieds et mains ronges, ils apprecient certainement pas autant que nous les sculptures de sel ou les constructions faites a 100% de sel, du sol au plafond.. (mobilier compris).
Durant ces 4 jours, nous avons traverse des villages perdus au milieu de nulle part.. On les apercoit au dernier moment tant ils se confondent a la nature et a la terre.. Les gens nous accueillent toujours avec le sourire mais la communication n est pas toujours aisee.. elle l est un peu plus avec les enfants, plus spontannes et surtout beneficiant d alphabetisation. Il est surprenant de voir l ecole prendre place au centre de la majorite des villages, avec le terrain de foot! Dans cette region, les habitants vivent principalement de l elevage de lamas.. ils vivent ainsi de l echange de leurs betes en beneficiant au mieux d un camion qui passe dans le coin une fois par semaine...
Cette viree nous a egalement permis de savourer:
*les nuits fraiches des hauteurs, au ciel etoile.. feerique.
*la chaleur apres la neige dans les sources naturelles chaudes.. magique.
*les geysers incroyables au milieu du desert.. surprenant.
*les soirees electriques au milieu des Andes grace aux panneaux solaires... incroyable. (un programme gouvernemental du president Morales, pour "vivre dans la dignite avec de l'electricite"... on reparlera des bouleversements que la politique de ce premier president indien fait vivre a la Bolivie. novateur et interessant, mais aussi cause de revoltes dans les provinces riches de l'est, d'ou les emeutes recentes)
*le retour a une altitude plus raisonable pour decouvrir les cultures de quinoa... Bouffee d oxygene.
*la fin du périple nous a laissés a Uyuni, ville du bout du monde, battue par les vents, seche. Un noeud ferroviaire avant l'argentine et le Chili, avec son cimetierre de trains, relique d'une grandeur passée (la Bolivie était un des 20 plus riches pays au monde à son indépendance en 1825...
La bolivie a un sol riche.. tres riche.. Soufre, nitrate, borax, gaz, petrole, argent, etain, cuivre... Les exploitations sont nombreuses et Evo Marales tente de les nationaliser au maximum..
Aujourd hui nous sommes a Potosi, autre lieu de ressources naturelle.. notamment l argent du cierro Rico.
Nous sommes a 4100 metres d altitude, dans la ville la plus haute du monde. Le soleil n est malheureusement pas au rendez vous, laissant la place a la pluie et de la grele... et il nous faut le duvet et 5 couvertures pour nous endormir... Pas de chauffage dans ces vieilles maisons sombres, alors qu'en hiver il peut faire -15 !!!
Potosi est un tresor d architecture.. des centaines de rues etroites aux facades colorees quadrillent la ville et nous permettent d imaginer le rayonnement de cette cite au 16 et 17e siecles.
La ville la plus riche des ameriques. Vous pouvez imaginer la richesse des decorations des 30 eglises baroques de l'epoque. Potosi fut "l'eldorado" des espagnols, un eldorado d'argent. Depuis la naissance de la cite en 1545 jusqu'a la fin du 18 eme, la moitie de la production mondiale d'argent venait d'ici. Et les espagnols depenserent sans compter, et cet argent avant de finir en couverts chez votre grand mere, est venu remplir les coffres forts des banques anglaises, hollandaises, allemandes... permettant l'essor du capitalisme!!! Eh oui, sans Potosi, pas de prets bancaires, pas de CAC 40!!! Ironie de l'histoire, le pays qui produisait la plupart des pieces de monnaie d'argent (dans l'enorme casa de la moneda de Potosi) de l'epoque, fait presser ses Bolivianos aujourd'hui en Espagne et au Canada, et imprimer ses billets en France!!!
Mais tout cela a eu un cout... humain, lourd. Dans les mines du Cerro Rico (la "montagne riche" qui surplombe la ville a plus de 4800 m), les esclaves indiens et surtout africains, peu adaptes aux conditions, tomberent par centaines de milliers voire millions (les chiffres divergent, on a entendu 7 millions de morts pendant les 250 ans d'exploitation espagnole). Par la suite l' explotation de l' argent n'etant plus rentable, on extrait l'etain. Depuis une dizaine d'annees, les entreprises se sont desengagees, le minerai n'etant plus d'aussi bonne qualite, difficile a extraire. Le gouvernement a laisse les mineurs s'organiser en cooperatives pour continuer l' extraction, peu rentable. Elise l'a vu (Julien etant malade, mais ca va mieux!) en visitant une mine, les conditions de travail ont peu evolue.
Peu de protections, travail a la pioche et a la dinamite. Ce qui fait que l'esperance de vie des mineros est de 15 ans (de service). Poches de monoxide de carbone, accidents lies aux explosifs, silicose et chutes (car les mineurs carburent a la feuille de coca et a un alcool de mais a plus de 90 degres, la chicha) sont le lot commun. Donc le Cerro Rico et son Diable "el Tio" fait encore des ravages, malgres les offrandes et les prieres des mineros et de leur familles...
Pourquoi continuer? parcequ'on est mineur de pere en fils. Il est donc pas rare de croiser des enfants ou des ados dans ce germinal des temps modernes.




































































































































